‹ Le val-perduChapitre 72 sur 96 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

1ère, au danger dp choisir un pareil sujet de plaisanterie? Que l'on prenne garde de me pousser à bout et de me mettre dans la nécessité d'employer la force pour savoir..»

— Vous menacez, colonel Verneuil , et cependant, je le sais, vous avez reconnu ma voix... on le devinerait au seul tremblement de la vôtre.

L'observation frappait juste, et Armand en fut un moment réduit au silence.

— Cette voix, répliqua-t-il enfin, frappf sans cesse mon oreille depuis que je suis de retour ici ; une fois déjà j'ai cru la reconnaître dans celle d'un jeune enfant, puis dans les sons inarticulés que pousse une sourde-muette; quoi d'étonnant que je croie l'entendre encore?

Après une nouvelle pose, on demanda avec émotion :

— Ce jeune enfant, dont vous parlez, n'a-t-il pas trouvé le chemin de voire cœur par celle seule circonstance qu'il ressem-

blait à... à une personne qui autrefois vous était chère?

— Que vous importent mes affections ou mes haines ? demanda le colonel d'un ton d'impatience.

— Vous êtes irrité! Faut-il que je me retire?

— Oh! non, non, restez... Malgré l'élrangeté de cette aventure, il y a en vous un charme irrésistible que je ne saurais définir. Je ne puis ni vous voir ni vous toucher ; vos paroles me confondent et m'épouvantent: et cependant j'éprouve du bien-être à vous savoir près de moi.

— Vous m'aimez donc encore? demandat-on avec vivacité.

— Homme ou femme , ange ou démon , voulez-vous me rendre fou?

— On oublie si vite , continua l'inconnue en soupirant; autrefois vous juriez un amour éternel à une pauvre fille qui vous avait donné son àme , qui voulut mourir

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