CHAPITRE VI. 48l
donc à suivre le conseil d'Armand; et, laissant la bougie allumée pour le cas où le spectre jugerait à propos de se montrer de nouveau, il se jeta tout habillé sur son matelas, où il ne tarda pas à s'endormir d'un sommeil presque léthargique.
Le reste de la nuit se passa tranquillement. .Néanmoins Verneuil , dévoré d'une fièvre ardente, ne lit que s'agiter en prononçant par intervalles des mots entrecoupés et sans suite. Dès que le jour parut, il se leva avec effort , alla appeler son domestique , couché dans une pièce voisine 7 et l'envoya s'informer si M. de Rancey était visible. Le domestique revint bientôt annoncer que le comte élait déjà sur pied et s'occupait des préparatifs du départ.
Armand acheva de s'habiller avec le secours de cet homme, et le congédia. Puis il se prépara à quitter la chambre quoiqu'il fut blanc comme un suaire, et que ses jambes
eussent peine à le porter. Havaud , assis sur 2. 17
son matelas, l'observait avec un vif intérêt.
— Colonel, demanda-l-il, que comptezvous foire?
— Vous le saurez, mon ami ; accompagnezmoi, car aussi bien il me serait impossible de marcher sans aide.
Ils descendirent en silence. Dans la salle basse iis trouvèrent M. de Rancey. son (ils et sa fille, entourés de paquets qu'on se disposait à charger sur une lourde berline stationnant dans la cour.
A la vue du colonel , le vicomte et la vicomtesse ne purent retenir un cri d'effroi. Le 1 ieillard lui-même eut comme un mouvement de regret.
— Grand Dieu! mais il se meurt, dit Estelle en regardant son père.
— Est-il possible , dit le vicomte , qu'en si peu de temps?... Asseyez-vous, mon cher colonel, ajouta-t-il en avançant un siège avec «Mnpressement, vous respirez à peine.
Armand s'assit. M. de Rancey. qui avait eu