‹ Le val-perduChapitre 78 sur 96 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

le temps de se Démettra d'uue première im- -;ion, s'approcha à sou tour :

— En effet. M. de Verne il il , dit-il froidement, vous paraissez avoir mal dormi. Seriez-vous malade? Voilà une circonstance fâcheuse au moment de nous mettre en voyage !

— M. le comité, répliqua le colonel d'un ton ferme , il ne peut plus être question du voyage projeté... Je vous remercie de vos bonnes intentions à mon égard, mais je n'en profiterai pas.

— Y songez-vous, Armand? Et votre mariage qui manquera peut-être? et votre iiancée qui vous attend?

— Elle m'attendra vainement , m on si eu r, car j'ai une fiancée dont les droits sont plus anciens et plus sacrés.

Le vieillard le regarda fixement.

— Quelle est cette nouvelle folie, mousieur? dit-il d'un air mécontent; la liancée dont vous parlez peut-elle entrer eu parallèle

avec mademoiselle Louise de Sancy, une des plus belles, des plus riches, des plus nobles héritières de Fiance ?

— Avec de pareils avantages, mademoiselle de Sancy est en droit d'exiger de son futur époux un attachement réel que je ne saurais lui apporter.

— Mais avez-vous bien réfléchi, mon cher enfant, aux suites probables d'une telle rupture? Votre avenir militaire peut en recevoir une grave atteinte.

Ravaud étouffa à moitié un gros juron.

— Peu m'importent maintenant la gloire et la fortune ï reprit le colonel avec abattement ; je ne pense pas que désormais mon existence doive être bien longue... Si l'on me refusait l'honneur de chercher la mort à la tête du régiment que je commande, nul du moins ne pourrait m'empècher de la chercher dans les rançs obscurs du soldat.

— L'entendez-vous, monsieur? l'en tendezvous? s'écria Ravaud hors de lui en s'adres-

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