‹ Le val-perduChapitre 79 sur 96 · CHAPITRE VI. ISO · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. ISO

sant au comte; voilà où ont abouti ces persécutions inouïes , ces apparitions . <•- fantômes de contrebande ! Il parle de braver l'empereur comme de boire un verre d'eau fraîche.

— M. le capitaine Ravaud me permettra de traiter librement avec mon parent de nos affaires de famille, interrompit le comte avec beaucoup de dignité... Armand de Verneuil, ajouta-t-il en s'adressant au colonel, vous ne me contesterez peut-être pas le droit de vous demander la cause d'une résolution aussi désespérée : quelle est cette personne pour laquelle vous renoncez si aisément à votre brillante carrière et à la faveur d'un protecteur tout-puissant?

— Une femme dont un seul regard eût pu autrefois me récompenser amplement de ces sacrifices, et qui maintenant ne règne sur moi que par te souvenir, car elle est moite :

l m espèce de frémissement courut parmi

les auditeurs.

— Vous ai-je bien compris? Serait-ce de Galatée, de ma malheureuse pupille que vous voulez parler?

— C'est d'elle, en effet, M. le comte; je l'aimais, je lui avais juré de n'épouser jamais d'autre femme qu'elle , et , pour gage , je lui avais passé au doigt l'anneau de ma mère. Cette promesse, je n'avais pas cru l'éluder en consentant à donner mon nom à la jeune fille inconnue dont une volonté souveraine m'imposait l'alliance... Mais je m'étais trompé; la nuit dernière les morts sont sortis du tombeau pour me reprocher ma faute... Je resterai toujours le fiancé de Galatée.

Il y eut un moment de silence à la suite de cette déclaration explicite. Mais Ravaud ne put contenir longtemps son indignation , et s'écria avec ironie en se tournant vers le comte :

Eh bien! monsieur, étes-vous (Jifin satisfait du résultat de vos machinations ? Votre malheureux parent vous semblc-t-il avoir suf-

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