CHAPITRE VI
fisamment la cervelle à l'einers7... Kl l'on croit que je laisserai faire, moi; que je permettrai plus longtemps de (minier et de mystifier un brave camarade! Non, de par la peau du diable!... A nous deux, mon vieux monsieur, si vous lu voulez bien. ..Vous allez nous dire sur-le-cbamp quel est le but de» sottes mascarades qu'on voit ici depuis l'arrivée du colonel Verneuil; oui, vous le dire/., entendez-vous? quand je devrais, pour vous y forcer, mettre le feu au quatre coins de cette bicoque et assommer tous ceux qui tenteraient de la défendre !
Les assistants paraissaient stupéfaits ne cet éclat, que les circonstances justifiaient pourtant jusqu'à un certain point.
— Au nom du ciel ! modérez-vous, dit la vicomtesse à voix basse en se glissant derrière Ravaud ; vous allez tout perdre.
— Capitaine, dit Yerncuil d'un ton de reprûohe, est-ce ainsi «pie vous tenez vos promesses? Mais vous rétracter» z . je l'o-père.
ces paroles inconvenantes, et vous demanderez pardon à M. le comte...
— J'en suis bien fâché , Armand , mais je ne rétracterai rien, et je n'ai pas l'habitude de demander pardon ; vous êtes mon chef au régiment, mais ici vous n'êtes que mon égal.
M. de Rancey conservait une attitude calme et dédaigneuse.
— Le capitaine Ravaud oublie où il est, et à qui il parle, dit-il.
— Je n'oublie rien, et je sais ce que je fais, s'écria le militaire hors de lui ; je me conduis comme un brutal e! un grossier soldat, c'estpossible ! J'en rendrai raison plus tard à vous, à votre fils, à Armand lui-même, à l'univers entier, s'il le faut... Mais, mille tonnerres! je dirai ce que j'ai sur la conscience... Y a-t-il du bon sens de se conduire envers un parent comme on s'est conduit envers ce pauvre Verneuil ? 11 est à peine depuis quarante-huit heures dans cette baraque d'enfer, et il est déjà à moitié mort et à moitié fou... Mais je
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n<> laisserai pas achever ce qu'on a si bien commencé. M. le comte de Rancey, vous allez vous expliquer sur-le-champ ; vous allez nous faire connaître le motif de ces ridicules j quinades que l'on a eu W malheur de prendre au sérieux... Voyons, parlez -, il faut en finir
— Et qu'arriveraif-i!, monsieur, demanda le vieillard avec hauteur, si je ne pouvais ou si je ne voulais pas répondre à une sommation aussi insolente?
— Ce qui arriverait? répéta Ravaud l'œil en feu et la bouche écumante, vous allez le voir, vieil insensé, qui sacrifiez l'existence et la raison d'un des plus braves soldats de l'empereur à de stupides chimères.
Ils s'élanea vers M. de Rancey avec impétuosité comme pour le frapper. La vicomtesse poussa des cris perçants. Le vicomte et Armand lui-même se jetèrent sur Ravaud pour le retenir; mais ils fussent difficilement venus à bout du capitaine dont la force était
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doublée par la rage, si M. Guillaume et quelques domestiques r'élaient entrés dans la salle, attirés par le bruit. Avec leur aide, Ravaud fut assis de force dans un fauteuil, et on ne lui laissa la liberté de ses mouvements que lorsque , épuisé de fatigue , haletant et déjà repentant, il eut donné sa parole de renoncer à la violence.
Le comte de Rancey était resté froid et impassible pendant celle scène; Ton eût dit que des réflexions amères l'empêchaient d'en ressentir toute l'indignation qu'elle devait naturellement lui inspirer. Quand il eut vu le capitaine tout à fait calme, il fit signe aux domestiques de se retirer, et il dit avec dignité :
— M. Ravaud, avant de m'outrager ainsi dans ma propre maison, en présence de ma famille, aurait dû songer peut-être que son ami ne tirerait aucun avantage de cet inqualifiable procédé... Ne vous défendez pas, colonel Verneuii ; pour votre honneur, je