‹ Le val-perduChapitre 9 sur 96 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

protégeant qu'il a reçu cette affreuse blessure; il m'a sauvé la vie.

Aussitôt Claudine s'empressa auprès de Lysandre pour lui porter 1rs premiers secours; mais, dès qu'elle l'eut envisagé, elle fit un geste d'étonnement.

— Mon père, dit-elle, ne le reconnai>sezvous pas? C'est... c'est...

— C'est ce jeune Français, si modeste et si timide, qui est arrivé ee matin à Rosenthal, dit le pasteur ; nous n'avons pu savoir ni qui il était, ni d'où il venait ; mais il s'est adressé à nous tout d'abord pour s'informer si vous aviez reparu au village. On disait alors que vous étiez allé faire une reconnaissance dans le voisinage avec le lieutenant Ravaud. Ce mystérieux jeune homme ii"iia demandé la permission de vous attendre ici; il paraissait fort impatient de vous voir et de vous parler. Mais on a attaque Roseuthal. et au milieu de cet épouvantable tumulte, j'ignorais ec qu'il était devenu.

Tout en parlant, le digne homme avait découvert, la poitrine de Lysandreet examinait la blessure. Il secoua tristement la tête.

— La balle a offensé le poumon, murmurat-il ; il respire à peine, il suffoque... Il n'y a plus d'espoir.

— Je vais aller chercher le major de notre demi-brigâde. dit Armand avec une vivacité fébrile ; c'est un homme habile, il parviendra peut-être... Un cheval! il me faut un cheval !

M. Penhofer le retint par le bras.

— C'est inutile, dit-il d'un ton solennel, ne vous éloignez pas... Aussi bien le malheureux paraît reprendre un peu connaissance et vouloir vous parler... sans doute pour vous dire adieu...

En effet, Lysandre s'agitait convulsivement ; ses yeux s'étaient rouverts et se fixaient sur Armand comme pour l'appeler près de lui. Armand se rapprocha en silence.

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