CHAPITRE VII
A l'approche du colonel, le* as§f$tant$ taient levés ; le vicomte lui serra furtivement la main, la vicomtesse lui adressa un sourire; la dame voilée seule n'avait lait aucun mouvement. Quand Verneuil vint s'agenouiller en silence sur le coussin vide à sa droite elle parut éprouver un léger tremblement, et elle s'affaissa comme si elle allait tomber à la renverse; mais, par un effort de volonté. elle se redressa aussitôt et reprit son immobilité de marbre.
— Galatée ! ma chère Galatée! vous que j'ai tant pleurée, vous m'êtes donc rendue! murmura Armand à son oreille.
Une respiration précipitée agita le voile épais qui couvrait l'inconnue; mais elle ne répondit pas.
Sur un signe du comte, le prêtre monta à l'autel, et la cérémonie commença.
11 y avait quelque chose de grandiose dans cette pompe religieuse au milieu d'une campagne solitaire. Le soleil, déjà sur son déclin,
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pénétrait sous ce dôme de pourpre à travers les longs rideaux entrouverts et faisait étineeler la croix d'or, les ornements splendides de l'autel, les vêlements sacrés de l'officiant . À la voix grave etsonore du prêtre se mêlaient le chant lointain des oiseaux, le frémissement de la brise dans les saules tremblants, le clapotement léger du lac contre ses rives. Armand et sa compagne semblaient absorbés par la majesté de cette scène. Derrière eux, Charles, à genoux, ses deux petites mains jointes, marmottait une prière naïve; le comte, son fils et sa fille étaient prosternés sur le tapis. Les autres assistants, au milieu desquels Ravaud lui-même avait pris place, restaient groupés un peu à l'écart, dans une attitude pleine de piété et de respect.
Rien ne troubla le recueillement général jusqu'au moment où Verneuil dut offrir l'anneau nuptial à sa future épouse. Dégageant lentement son bras des voiles qui l'enveloppaient, elle avança une main blanche, d'une