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CHAPITRE VU

Mais le colonel, exaspéré d'un pareil abus de confiance, n'écoutait pas, et le scandale menaçait de se prolonger, quanti la fiancée, immobile jusque-là comme une statue, parut enfin s'animer. Elle écarta son voile et montra à Verneuil un beau et noble visage inonde de larmes. L'effet de celte action fut instantané; les passions violentes qui crispaient le front d'Armand s'effacèrent tout à coup ; il retomba à genoux en disant :

— Pardonnez-moi, mon Dieu; j'ai douté un moment de mon bonheur... Il est si grand !

Le silence se rétablit aussitôt dans l'assemblée; l'officiant recommença ses questions, et la cérémonie s'acheva sans autre contre-temps.

A peine les dernières paroles sacramentelles étaient-elles prononcées, que M. de Rancey se leva.

— Armand de Verneuil, dit-il avec solennité en prenant la nouvelle épouse et le petit

Charles parla main, vous pouvez maintenant embrasser votre femme et votre fils... Vous n'avez plus à rougir d'eux, et ils n'ont plus à rougir de vous. '

Galatée était déjà dans les bras de son mari qui délirait de joie. Puis, vint le tour de l'enfant que le père et la mère dévoraient de caresses. Les assistants contemplaient avec attendrissement cette scène touchante.

— Ma chère Galatée, disait le colonel dans une sorte d'extase, c'est donc toi?... Tu es vivante, tu es ma femme, la mère de mon enfant!... Oh! pourquoi m'as-tu laissé si longtemps dans l'affreuse conviction que tu n'existais plus ? Pourquoi surtout , depuis mon retour au Val-Perdu, t'es-tu plu à me torturer, à faire saigner mes blessures?

— Ne m'accusez pas, Armand, répliqua Galatée avec chaleur; pendant les terribles épreuves de ces derniers jours, je souffrais autant et plus que vous peut-être; mais notre réunion était au prix de ma soumission. Nous

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