‹ Le val-perduChapitre 91 sur 96 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

avions !rop cruellement olïeiise notre vénérable tuteur pour ne pas respecter ses volontés, tout impitoyables qu'elles parussent...

-*- Madame de Verneuil a raison, dit le comte de Rancey ; seul je suis coupable des mesures extrêmes, mais salutaires, dont vous vous plaignez, et j'ai eu besoin d'une grande énergie pour assurer votre bonheur comme je l'entendais. Il me fallait me roidir contre ses douleurs et contre les vôtres ; j'avais à résister aux représentations incessantes de mes propres enfants ; ce matin encore, j'ai reçu à bout portant la bordée un peu brutale du capitaine Ravaud... Cependant j'ai tenu bon, et.j'ai eu la satisfaction de voir tout réussir selon mes vieux.

— r Mais, encore une fois, monsieur, pourquoi ces mystères? Pourquoi, pendant ces six années, ne m'avez-vous pas rappelé mon devoir, qui était de donner mon nom à mon enfant et de rendre à Galatée la considération du monde? Pourquoi, depuis mon re-

tour, cette fantasmagorie nocturne, ces incidents romanesques?...

— Réfléchissez un peu, mon cher colonel : le lendemain même du combat de Rosenthal , vous quittâtes le pays, et depuis ce temps vous avez été forcé de suivre les armées françaises d'une extrémité à l'autre de l'Europe; à quoi eût donc servi cet avertissement? D'ailleurs, j'ignorai longtemps que vous fussiez persuadé de la mort de Galatée, et votre silence augmentait encore mon irritation contre vous ; plus tard seulement j'ai appris que vous vous croyiez certain d'avoir vu périr d'une façon tragique la pauvre bergère du Val-Perdu, et je vous laissai cette conviction, pensant avec raison qu'elle produirait sur vous une im-pression fortey favorable à mes desseins.*

•(Cependant les terribles catastrophes que \otrc présence avait fait éclater dans ma petite colonie m'avaient éclairé sur la folie de la réclusion à laquelle je m'étais condamné avec ma famille. Après un révedélicieux de quinze

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