CHAPITRE VII
— Quui! vous ignorez?... Par exemple, voilà du nouveau ! C'est à n'y pas croire , sur ma parole !
M. de Rancey soupçonna de quoi il s'agissait, et s'avança en souriant.
— Ah! ah! dit-il, je vois que le capitaine Ravaud, toujours positif, s'attend à de nouvelles explications... Eh bien, que ferait-il s'il avait* la certitude que son ami a réellement épousé Louise de Sancy?
— Je donnerais de bon cœur aux époux ma bénédiction, et je me plaindrais seulement qu'on n'eût pas attendu l'empereur pour bâcler convenablement la chose.
Tous les assistants semblaient s'amuser fort de l'étonnement du brave Ravaud ; Armand seul le partageait encore.
— En vérité, mon cher parent, balbutiat-il, je vous avoue que je ne puis comprendre...
— Vous ne comprenez pas que les pupilles du comte de Rancey, connues de vous autre
fois sous les noms d'Estelle et de Galatée. portent dans le monde ceux de Louise et Ernestine de Sancy? répliqua le vieillard avec çaieté. Je savais votre ignorance à cet égard, Armand , et j'en ai profité pour vous dérouter et vous amener à mes fins.
— Mais l'empereur ? répéta l'opiniâtre Ravaud, comment l'empereur s'est-il mêlé de tout ceci?
— Rien de plus simple. Je suis allé récemment à Paris, et j'ai causé de mes plans avec mon ancien ami le ministre Z***, qui me promit d'intéresser l'empereur à ce mariage. Tout ce qui a été fait et dit pour vous décider à partir, mon cher colonel, était concerté d'avance entre M. Z**~ et moi. Quand vous entriez dans son cabinet, j'en sortais par une autre porte. Aussitôt que votre départ pour Rosenthal a été décidé . je me suis mis moimême en route avec Louise, afin de vous précéder ici. Maintenant que tout a réussi , je puis donner au colonel , et surtout à son