‹ Le Valais de 1840 à 1844. Suite àChapitre 11 sur 29 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le lendemain 14, le Grand Conseil se réunit; dans la circulaire aux élats confédérés, sous la date du 13 juin, où, à propos du sang qui fumait encore en Valais, il cite l’abbé Galiani et M. Suard 1 , le Conseil d’État, dit : Dès ce moment , le Grand Conseil s'empara des mesures ultérieures qui se succédèrent ; le Conseil d’Etat n’en soigna que l’exécution.

Cette première séance était solennelle , chacun était dans l’attente d’un grand événement très-prochain ; le représentant fédéral , inpartibus , M. Bernard Meyer était là, modestement caché dans quelque coin de la tribune publique.

Le président de Courten traça un tableau très-sombre de

* Le Conseil d’Etat du Valais, aux hauts Etats confédérés. Circulaire du 15 juin 18*4.

l’état du pays, dont il attribua tous les maux au parti qui n’était pas le sien , et recommanda l’adoption de mesures sévères contre les perturbateurs.

L’on entendit ensuite un message du Conseil d'Etat. Cette pièce, assez habilement rédigée , cherchait h se tenir dans certaines généralités. Le Conseil d’Etat, en rappelant sommairement les désordres qui avaient agité le pays depuis son avènement au pouvoir, les attribuait exclusivement à l’existence de sociétés politiques , organisées et armées, qui, après s’être longtemps défiées , disait-il, étaient près d’en venir aux mains; ils paraissait ainsi faire la part de la Vieille comme de la Jeune Suisse ; mais , en réalité, il ne rappelait que les excès commis par cette dernière. Il insistait sur les scènes d’Ardon que nous avons rapportées, sur la désobéissance du président Bender, de Fully; il faisait un tableau animé des scènes de Verossaz et de St.-Maurice, et, dans ce passage, mettant de côté toute apparence d’impartialité , il ne dit pas un mot des coups de feu tirés sur Morisod, de l’embuscade dressée par la Vieille Suisse contre les libéraux de Verossaz , et d’autres excès du parti de la Vieille Suisse. Mais c’est contre le comité de Martigny que le Conseil d’Etat dirige toutes les foudres de son éloquence. Il qualifie sa proclamation d'incendiaire, demande satisfac-, tion de l'accusation de trahison et de parjure, accuse le comité d’avoir voulu démoraliser les milices et d’avoir usurpé les pouvoirs constitutionnels. II termine en désavouant la demande de troupes fédérales et de commissaires fédéraux, et déclare qu’il se considère comme suspendu de ses fonc-

tions jusqu’k ce qu’il ait été lavé de l’accusation de trahison et de parjure.

Jamais on ne prit aussi bien le ton de vertu outragée , que ne le fit le Conseil d’Etat dans ce factum, dont la lecture fut suivie de celle de la correspondance du gouvernement avec le Vorort. C’est alors que, par la substitution du conditionnel au futur absolu, dans la lettre du 6 mai, le Conseil d’Etat prétendit échapper h l'accusation d’avoir demandé la mobilisation des troupes fédérales , opération dont la conséquence était une dépense considérable pour le Valais. Au moment où nous traçons ces lignes, cette question des frais n’est pas résolue, la diète de 4845 devra la décider; si la réaction est triomphante en Suisse, la phrase tronquée sera admise par la diète, comme elle a été admise par lè Grand Conseil ; s’il en est autrement , les faits seront rétablis et le Valais paiera. Après ces diverses communications dont l’examen fut renvoyé à une commission , l’assemblée prit connaissance de la démission sollicitée par M. le conseiller d’Etat Torrent. Cet honorable magistrat, perdu dans un dédale d’intrigues dont il n’avait pas la clef, se plaignait k bon droit des deux partis. Cette démission, appuyée par les députés les plus exaltés du Bas-Valais , fut repoussée de la manière la plus honorable par la plupart des députés du Haut-Valais; ils déclarèrent que M. Torrent possédait toute leur confiance.

D’autre part, M. Maurice Barman annonça que les mots de parjure et de trahison ne s’appliquaient pas spécialement au Conseil d’Etat ; il dénia au Grand Conseil le droit de

s’occuper ultérieurement de cette proclamation, et prétendit que toute cette affaire ressortait des tribunaux. C’était la réduire h de mesquines proportions, et nous aurions préféré voir le chef d’un grand parti accepter franchement une déclaration de guerre.

Dans la séance suivante, du 15 mai, le Grand Conseil approuva la gestion du Conseil d’Etat, ratifia tout ce qu’il avait fait et tout ce qu'il voulait faire , et décida qu’il avait bien mérité de la patrie, empruntant ainsi la phraséologie des clubs de 1793; ce qui était bien naturel en cette circonstance. Disons toutefois que le président du Conseil d’Etat ressentit une véritable confusion à l’ouïe de cette étrange déclaration.

Le Grand Conseil était lancé , et les corps politiques, placés sur une pente, la descendent plus vite encore que les individus : leur mouvement, résultat de tous les mouvements individuels , s’accélère constamment ; les forts poussent les faibles; les violents traînent à la remorque les modérés. Dans la même séance où l’on décrétait que le Conseil d’Etat avait bien mérité de la patrie , M. Ferdinand de Stockalper proposa de dissoudre le comité de Martigny, comme rebelle et anti-constitutionnel. Cette motion, qui frappait h la fois le droit constitutionnel d’association et qui déclarait, sans enquête contradictoire, qu’il avait été fait abus de ce droit dans le cas particulier, fut votée, ainsi qu’on l’a dit ailleurs, au pas de course. Chacun reconnaîtra qu’en ceci M. Ferdinand de Stockalper et la majorité se montrèrent décidés , politiques bien supé-

rieurs à leurs adversaires qui poussaient des clameurs et invoquaient le droit et la justice, comme si le droit et la justice avaient quelque chose h démêler en cette occurrence.

Le seul reproche que l’on pourrait être tenté d’adresser à la majorité du Grand Conseil , serait de n'avoir pas fait suivre celte décision de l’arrestation de tous les hommes notables du parti libéral qui se trouvaient réunis h Sion. C’est ainsi que devait procéder une assemblée qui avait la prétention d’être franchement révolutionnaire. Cependant nous n’insisterons pas sur cette critique; les meneurs de la majorité ne voulaient , peut-être , rien donner au hasard ; ils connaissaient l’état de leurs ressources , et préféraient que la minorité s’exécutât elle-même ; c’est ce qui eut lieu en effet.

Le Conseil d'Etat, essayant encore de continuer son système de pondération, proposa le même jour un projet de décret, pour dissoudre toutes les associations armées et or* ganisées militairement. Ce décret était sage , il était juste ; s’il eût été adopté avec sincérité, il pouvait sauver le pays', il n’en fut rien.

Le 16 mai était un jour férié; il n’y eut pas de séancèi mais la journée n’en fut pas moins bien remplie. Les réactionnaires se réunirent chez le chanoine Machoud 4 ; on as-

4 II a fait dernièrement une brochure pour établir que les jésaites ont un droit exclusif de police et de surveillance sur leurs collèges , sans que l’Etat ait à y intervenir. — M. Machoud est professeur de théologie !

sure que le représentant fédéral m partibus, Bernard Meyer, assista k ce conciliabule; là, l'invasion fut résolue et des exprès furent envoyés pour ordonner le soulèvement du Haut-Valais.

Le 17 au matin, le Grand Conseil se réunit ; le docteur Barman demanda des explications sur la différence qui existait entre la correspondance du Vorort, telle qu'elle avait été soumise au Grand Conseil, et les lettres que les journaux avaient publiées. On répondit que cette différence provenait d’une omission involontaire. Le Grand Conseil se déclare satisfait; puis, pour mieux endormir la minorité, on propose de s’occuper d’une partie des traclanda préparés pour la diète ordinaire; on met à l'ordre du jour la discussion d'un tarif de procédure; le docteur Barman est nommé président de la commission qui doit s’en occuper !

Cependant, on présente le rapport sur les événements de St.-Maurice et sur les mesures qu’il est convenable d’adopter. La commission concluait k exiger de la ville de Saint- Maurice, qu’elle garantit la tranquillité publique, l’ordre et le libre exercice des pouvoirs publics dans son sein ; k défaut par elle d’obtempérer k celle demande, St.-Maurice serait occupé, et jusqu’k la conclusion de cette affaire, le bataillon appelé de service resterait sur pied.

Après une discussion où la majorité prit un ton doucereux et modéré , on invita la commission k prendre ses conclusions par écrit , et le Grand Conseil s’ajourna k six heures du soir.

Il se passa des choses importantes dans la journée.

Les membres du club Machoud surent que leurs ordres avaient été exécutés, et que les masses dü Haut-Valais se mettaient en mouvement ; celle certitude les rendit plus audacieux. D’autre part, M. Maurice Barman reçut un exemplaire de la circulaire suivante, écrite le matin même par le président du dixain de Sion, fils du président du Grand Conseil , à toutes les communes de ce dixain.

Nous rapportons textuellement celte pièce, l’une des plus importantes qui ait été produite dans ce grand procès.

Circulaire du président du dixain de Sierre

aux communes de ce dixain *.

• xi -ü-oi nb li'îofii .10 jwwHbwolért» w

Sierre, te 17 mai 1844.

Monsieur le Président.

« En vertu d’une décision partante d’autorité supérieure » et de la majorité des membres du Grand Conseil, injonc- » tion est faite à tous les corps volontaires organisés du » canton , de se rendre immédiatement après la réception » du présent , h Sierre, pour de là marcher sous les ordres » de M. le commandant Guillaume de Kalbermatten. Cha- » que homme se pourvoira de vivres pour trois jours ».

Le président du dixain ,

A. DE COÜRTEN.

* De la contre-révolution, etc. , par M. Barman, annexe, N° 9.

C’était clair; mais ce qui suit est plus clair encore.

L’ordre de M. A. de Courten est daté du 17. Or, il en existe un autre, daté du 16, le jour même où le club Machoud prit sa décision.

C’est un appel aux armes , signé des députés du dixain de Loësche 1 :

« En vertu d’un arrêté de l’autorité supérieure et de la » majorité des membres du Grand Conseil , il est ordonné » à toutesles compagnies volontaires organisées, vu l’urgence,

* de marcher sur Sierre , dûment armées et fournies de

* munitions et de vivres, et cela immédiatement après la » réception du présent ordre ; la troupe sera sous le com- > mandement en chef de M. Guillaume de Kalbermatten , » pour rétablir le repos public et pour suivre les ordres » nécessaires- »

Sion, le 16 mai 1844.

(Suivent les signatures.)

Ainsi dès le 16 , et probablement dès l’assemblée du club Machoud , des membres du Grand Conseil qui , le lendemain , discutèrent toute la matinée, comme de bonnes gens , avec leurs collègues du Bas-Valais, envoyèrent l’ordre de prendre les armes !

Ce n’est pas tout ; on a su dès lors que , déjà à cette époque, des volontaires étaient en route pour Sierre; il faut donc que l’ordre de marcher leur ait été expédié avant le 16;

1 De la contre-révolution, etc., par M. Barman , annexe, N° 17.

ainsi il y avait des gens plus avancés dans ces projets que ne l’étaient même les affiliés du club Machoud. Poursuivons , cet épisode est fort instructif ; nous vivons à une époque où l’on s’occupe beaucoup de volontaires, de corps irréguliers , de mouvements extra-légaux ; ces événements du mois de mai 1814, en Valais, offrent des rapprochements assez intéressants avec d’autres faits postérieurs.

Si les documents que nous avons mis sous les yeux du lecteur paraissent insuffisants pour établir que le club Machoud ordonnait l’explosion préparée de longue main , avant qu’aucune décision régulière ou quasi-régulière du Grand Conseil fût intervenue , nous invoquerons un témoignage qui ne saurait être suspect ; c’est la circulaire du Conseil d’Ëtataux Etats confédérés, mentionnée plus haut; nous y lisons ce qui suit : « Les dispositions de la majorité » des membres du Grand Conseil avaient fermenté dans > l’esprit public, et déjà le il un grand nombre de volon- » taires s’étaient réunis dans le Ilaut-Valais , pour être plus » à portée de répondre aux ordres du gouvernement et * d’exécuter les délibérations du Grand Conseil, etc. etc.;» et qu’on dise maintenant que les volontaires (Freischaaren, corps francs) ne sont bons à rien !

Retournons maintenant au Grand Conseil , le 1 7 mai , à 6 heures du soir, où le club Machoud et la minorité se réunissent sous l’impression des nouvelles que les uns et les autres viennent de recevoir , impressions qui ne tardèrent pas !i se manifester. En effet, le rapporteur annonça que, dans l'intervalle des séances, 58 députés (le club Ma-

choud ) avaient transmis h la commission des observations relatives au message du Conseil d’Etat sur les événements de St.-Maurice, et sur les sociétés armées. Ces députés, qui, quarante-huit heures auparavant, avaient pris part à ce vote, où l’on avait déclaré au Conseil d’Etat qu’il avait bien mérité de la patrie ; ces députés, disons-nous, stygmatisaient maintenant sa faiblesse ; ils affirmaient qu’un gouvernement fort aurait déjà dissous la Jeune Suisse et incarcéré les chefs ainsi que les membres du comité de Martigny ; puis ils demandaient :

a) Qu’il fût adjoint au Conseil d’Etat une commission gouvernementale de S membres, prise dans le Grand Conseil ou en dehors ;

b) Qu’un commandant en chef des troupes fût nommé par le Grand Conseil ;

c) Que le pouvoir gouvernemental , constitué comme il est dit à l’article premier, fût autorisé à prendre telle mesure qu’il jugerait bonne , pour rétablir l’ordre , faire rendre la justice et réparer les dommages causés aux citoyens valaisans ;

d) Que la suppression proposée des sociétés politiques organisées militairement , fût étendue à toutes les associations qui ne seraient pas approuvées par le Grand- Conseil.

La majorité de la commission proposait d’adopter ces dispositions ; la minorité s’opposait à ce que l’on entrât en matière , estimant qu’il était au-dessous de la dignité du corps et contraire à la lettre comme à l’esprit de son règle-

ment, de délibérer sur un projet de cette nature, qui n’avait pas môme été présenté à l’assemblée, et qui avait été introduit directement auprès de la commission.

Avant que la discussion s’entamât , M. Maurice Barman interpella directement le Conseil d’Etat; il produisit l’appel aux armes dont nous avons parlé plus haut, et demanda s’il était vrai que les volontaires organisés du canton eussent reçu ordre de se mettre en mouvement. Le président du Conseil d’Etat, M. Ignace Zen Ruffinen, et M. le conseiller Torrent, chef du département militaire , répondirent immédiatement que le Conseil d’Elat n’avait point donné cet ordre, qu’il n’en avait pas même connaissance, et qu’il n’avait appelé que les compagnies de milice réunies au chef-lieu. Il devenait manifeste à tous qu’un comité occulte dirigeait seul cette levée de boucliers. Après cet incident la discussion reprit son cours ; la discussion, avons nous dit; ce mot n’est guère applicable aux clameurs, aux récriminations, aux phrases violentes qui furent entendues. Le mépris du règlement et des convenances fut le caractère distinctif de cette séance ; elle se passait en comité secret ; le club Machoud se sentait à l’abri de toute surveillance et ses défenseurs approchaient.

Les députés libéraux pensèrent à leur sûreté et à celle de leurs amis ; la plupart d’entr’eux quittèrent la salle ; la séance fut suspendue , puis reprise au milieu de la nuit sans convocation spéciale. Le Grand Conseil mutilé décida qu’une commission de trois membres serait adjointe au Conseil d’Etat, et qu’elle aurait plein pouvoir pour atigmen-

1er le nombre des troupes ; il nomma membres de cette commission MM. G. de Kalbermatten , Adrien de Courten et Luder.

Le premier fut encore nommé commandant en chef des troupes que le Grand Conseil serait dans le cas de mobiliser et des volontaires organisés. Enfin le Grand Conseil déclara qu’il s’opposait h T intervention fédérale. Ces décisions furent prises à une heure très-avancée de la nuit. Les chefs du parti libéral n’avaient pas eu la bonhommie de les attendre; la plupart d’entr’eux s’étaient retirés vers dix heures du soir. De concert avec quelques amis, se fondant sur l’arrêté du G mai, qui ordonnait à tous les citoyens de se réunir pour arrêter et combattre, sans autre invitation, toute attaque insurrectionelle; et se fondant aussi, ce qui était encore plus naturel, sur le droit de légitime défense , ils expédièrent un appel aux volontaires libéraux du Bas-Valais ; cet appel partit de Sion à minuit. Ainsi un appel aux volontaires du Haul-Valais avait eu lieu certainement le 16 ; il est probable que ce n’était pas le premier ; l’appel aux volontaires du Bas-Valais eut lieu le 17, à minuit; cependant, aux yeux de la Suisse , ces derniers sont considérés comme ayant pris l’initiative! L’appel aux volontaires du Haut -Valais mit en mouvement des hommes bien armés , bien pourvus , bien organisés , c’est-à-dire préparés de longue main pour la lutte. L’appel aux volontaires libéraux amena des bandes sans organisation , presque sans armes ; cependant aux yeux de la Suisse ces derniers sont des conspirateurs ! Et il se trouve encore des hommes assez fourbes ou assez niais

pour parler de droit et d’équité. En Suisse, comme ailleurs, en politique , le droit c’est la force , Y équité c’est le succès.

Les chefs libéraux croyaient, eux, être dans leur droit et remplir un devoir en repoussant l’invasion. On se rappelait en effet les irruptions du Haut-Valais, en 1798 et 1769, on savait que le fanatisme et l’imposture venaient d’armer de nouveau des montagnards crédules et animés d’un sentiment de vengeance depuis l’échec de 1840. Ces chefs libéraux avaient la bonhommie de croire que , nonobstant les divergences qui s’étaient manifestées , il y aurait assez d’honneur dans le Bas -Valais pour amener une levée en masse et éviter une occupation déshonorante! Cet honneur fit défaut.

Cependant le Grand Conseil reprend , à cinq heures du matin, sa séance, toujours en comité secret. Le président du Conseil d’Etat demande que le Grand Conseil se prononce sur le nombre de troupes qu’il faut mobiliser et sur la destination qu’on doit leur donner. C’est alors, diton, qu’un député s’écrie : « cette demande est inutile, la » levée que vous avez décrétée il y a une heure est effec- » tuée, les volontaires se réunissent, ils marchent sur » Sion. »

Sur une motion individuelle , la haute assemblée décide que, conformément à la proclamation du Conseil d’Etat, le dixain de St.-Maurice sera occupé militairement , après toutefois qu’une dernière sommation aura été faite à la ville et au dixain , à celte fin qu’ils aient à donner des garanties pour le maintien de l’ordre; le Grand Conseil se réserve de décider si ces garanties sont suffisantes.

Dans la motion du président du Conseil d’Etat , et dans ce dernier arrêté , ne trouve-t-on pas la preuve évidente que tous les mouvements qui s'opéraient autour de Sion étaient encore le 18 au matin des mouvements extra-légaux. Dans celte même séance , le Conseil d’Etat fut invité à présenter un projet de décret sur l’institution d’un tribunal unique pour tout le canton; tribunal qui serait chargé de connaître des délits politiques et des grands crimes.

Tandis que le Grand Conseil anticipait ainsi sur les conséquences de la lutte, celle-ci était près de commencer.

Page 1