FIN
Annexe N° 1 .
Proclamation du Comité de Marligny du 25 avril. .
Compatriotes !
Des bruits alarmants sont répandus dans le canton tendant à exciter les citoyens les uns contre les autres.
Des insensés rêvent le rétablissement ou le maintien du privilège; ils organisent des moyens d'extermination et ne craignent pas d’ar vouer leurs sinistres projets.
On arme une partie des citoyens sous le prétexte mensonger de protéger la religion et le clergé contre une agression de la Jeune Suisse.
Les auteurs de ces criminelles impostures sont connus; ils paraissent compter sur cette impunité qui, depuis six ans, a déjà couvert tant d'autres trames coupables.
Des dixains, des communes, une multitude d'individus se sont approvisionnés de munitions de guerre, des revues sont passées par des chefs militaires.
Des hommes qui devraient être des ministres de paix, sont deve
nus des apêtres de discorde ; des paroles de sang sortent de leur bouche; la guerre civile parait être pour eux un besoin.
En présence de pareils faits, le gouvernement semble impuissant, au moins sa conduite n’est-elle pas de nature à les faire cesser.
A la vue d’un tel état de choses, une réunion de délégués de 31 communes des dixains occidentaux a résolu de prendre des mesures pour maintenir la paix et la tranquillité, pour repousser, cas échéant, toute attaque contre l’indépendance et les droits du peuple, pour rapprocher les opinions et faire renaître la confiance entre les citoyens, en popularisant la connaissance et la réalisation des principes démocratiques.
Compatriotes, les premiers biens à procurer au canton, les meilleurs gages de paix et de réconciliation sont, à notre avis, l’abolition de tout privilège et de tout tribunal exceptionnel, l’égalité devant la loi, la répartition des charges en raison de la fortune, et par dessus tout la prdmple amélioration de l’instruction populaire.
L’abolition des immunités du clergé n’a rien de préjudiciable à la religion de Jésus-Christ , à laquelle nous sommes tous attachés ; loin de là, elle ne peut que lui donner plus d’éclat; soumis comme nous à la loi, les prêtres n’en seruntque plus respectés et plus dignes de confiance.
Loin de nous la pensée de leur ravir les moyens d’une existence honorable ; nous appelons de tous nos vœux le jour où chaque pasteur pourra vivre à l’aise , sans être forcé de négliger ses ouailles pour gagner son pain.
Nous ne sommes point les émissaires d’un parti, nous représentons une opinion consciencieuse, nous appelons tons les hommes de bien à concourir à l’œuvre de la réconciliation générale, et à adopter franchement les moyens qui peuvent y conduire,
Le Comité n’ignore pas les tentatives d’opposition et de dénigrement dont il est l’objet de la part de ceux qui ont conçu le projet de tenir le peuple dans un éternel assujélissement; il se mettra au-des-
sus de ces efforts coupables et suivra la ligne de conduite qui lui a été tracée par la confiance de ses concitoyens.
Pour être compris du peuple, il s’adressera au peuple ; il scrutera ses vœux et ses besoins, et l’espoir d’ètre utile à la masse des honnêtes gens, auxquels on cherche à faire prendre le change sur leurs véritables intérêts, le guidera invariahlomcnt dans tout ce qu’il entreprendra pour atteindre le but de sa mission.
Intimement convaincu que le contact des opinions consciencieuses ne peut èlre que favorable à la réconciliation générale, le Comité de Martigr.y s’efforcera de les mettre en rapport; il invite les dizains, les communes et les particuliers à lui faire connaître leurs vœux, qu’il accueillera avec le désir de voir réaliser tous ceux qui auront le bien public pour objet ; il espère que les citoyens valaisans ne refuseront pas de profiler des moyens et des occasions de rapprochement qui leur seront offerts.
Compatriotes, nous sommes tous républicains habitant le même pays ; nous avons tous les mêmes intérêts, ceux du peuple dont nous faisons partie ; nous serons facilement d’accord quand nous les aurons bien compris.
Marligny, 3S avril 18M.
Pour le Comité de Marligny, Le président du Comité ; MAURICE BARMAN.
Le secrétaire:
JOSEPH ABBET.
Annexe N° 2.
Le Conseil d’Etat du canton du Valais au Haut Vorort.
Sion , le 4 mai 18 44.
L'excitation qu'ont fait nailre dans les esprits nos vicissitudes politiques de 1839, continue à alimenter, tout particulièrement dans la partie occidentale du pays , un état de fermentation , d’insubordination et d'anarchie, contre lequel tous nos efforts se sont usés.
La perturbation de toute idée d'ordre et de soumission aux lois et aux autorités se traduit à chaque instant en actes de violence; les pouvoirs institués sont défiés ; des sectes politiques déploient, quand elles le veulent, des forces qui échappent à l’action des tribunaux, et que nous ne pouvons combattre par la force ouverte sans donner le signal d’une guerre civile. Pour les honnêtes citoyens se trouve sans doute le nombre, mais pour les anarchistes milite l'active résolution d’hommes démoralisés, qui protégés par une impunité forcée, professent dans leurs actes l'assurance qu’ils n’ont rien à risquer que leur vie, contre les avantages d’un triomphe qui leur promet le pillage et la dévastation.
Nous avons longtemps hésité avant de solliciter votre secours ; il nous restait encore l'espérance que les admonitions, les menaces» les tribunaux, seraient insensiblement parvenus à ramener l'ordre légal ; mais ces moyens, nous devons l’avouer avec une profonde douleur, échouent contre le mauvais esprit qui persévère dans une partie du pays. L’emploi de grands moyens coercitifs est devenu indispensable; la mobilisation de nos propres forces aurait à nos yeux pour résultat immédiat la résistance du parti perturbateur et ^explosion d’une guerre exterminatrice. De nouveaux désordres, de a plus grande gravité, commis dans le dixain de Saint-Maurice ; des
coups de feu échangés; un membre du grand conseil arraché du corps délibérant de sa commune, où il siégeait comme membre du conseil communal, cnlrainc dans des lieux écartés par une bande de forcenés de la Jeune Suisse, condamné sur le champ par eux à une bastonnade, et immédiatement roué sous leurs coups, sont des faits qu’on menace de répéter, et qui nous déterminent, par ce que nous devons à nos fonctions, au canton et à tous nos confédérés, d'étouffer ce germe soutenu de révolte par le déploiement des moyens extrêmes.
Une autre étincelle de conflagration, qui couve aux yeux de tous, se rencontre dans la réunion du Grand Conseil, convoqué pour le 20 de ce mois, et dans plusieurs projets de lois qui lui seront soumis comme moyen de ramener le calme au milieu de nous.
Ces circonstances réunies, notre situation en face d'une prise d’armes imminente, nous déterminent à requérir votre intervention fédérale, et à vous prier de commander de piquet quatre ou cinq bataillons.
Pour nous prémunir contre la possibilité d’une interception de correspondance, nous avons cru nécessaire de vous adresser la présente dépêche à double par deux routes différentes.
Nous attendons votre réponse en vous réitérant l’assurance, etc. etc. etc. ( Suivent les signatures .J
Annexe N° 5.
Le Conseil d’Etat du canton du Valais au Haut Vorort.
Sion , le G mai 18 hh.