‹ Le Valais de 1840 à 1844. Suite àChapitre 18 sur 29 · AU PEUPLE VALAISAN · texte numérisé non relu

AU PEUPLE VALAISAN

Compatriotes,

I jc Grand Conseil est convoqué en session extraordinaire pour le 14 mai courant; six compagnies du contingent fédéral du canton sont en ce moment sur pied, des commissaires et des bataillons fédé-

raux sont en roule pour le Valais, et nous ne connaissons pas même le véritable but de ces incroyables mesures.

Ce que nous savons c'est que les miliciens sont arrachés à leurs travaux, que l’argent du peuple est répandu à pleines mains, que les passions sont surexcitées, que l'honneur du Valais est compromis aux yeux de la Suisse entière.

L’état actuel du canton ne justifie nullement Cet appareil d'intimidation.

Le besoin de l'ordre, le désir de la réconciliation gagnaient de jour en jour, et quelques actes répréhensibles étaient l’objet de la sollicitude des "tribunaux, qui procédaient paisiblement et sans entraves.

Le Conseil d'Etat fait annoncer qu’il n'a point appelé l’intervention fédérale, les troupes marchent cependant, et le Vorort n’a pu les ébranler sans l’appel du gouvernement valaisan .

Des faits positifs attestent au contraire que cette malheureuse extrémité souriait depuis quelque temps à des magistrats haut placés, lin prochain avenir lèvera tout doute à cet égard.

Compatriotes, les troupes fédérales n'entreront point en Valais, nous en avons la conviction, parce que ceux qui les ont fait mouvoir, ont, à l’heure qu’il est, entrevu l'abîme qui s’entrouvrait sous leurs pas; mais le Grand Conseil réuni extraordinairement, le bataillon en armes à Sion, la roule du Simplon décréditée, les deniers publics dilapidés, la paix publique compromise, sont des faits assez graves pour fixer l’attention des patriotes.

Dans l'impossibilité d'apprécier les choses sous leur véritable jour, le Comité de Marligny ne les jugera point prématurément; il se borne à recommander aux citoyens dont il a la confiance, de se tenir en garde contre le piège qui leur est tendu par les ennemis du progrès.

S'abstenir de toute provocation, de tout acle répréhensible, mais se préparer en silence à obtenir justice du parjure et de la trahison : tel est le devoir des bons citoyens.

Compatriotes ! Nous vous informerons sous peu de la marche des événements; attendez avec confiance et résolution. La cause que nous poursuivons est trop belle et trop juste pour être perdue. Comptez sur la force des libéraux ; ils sont plus nombreux que la réaction ne le suppose, et au montent du danger, ils sauront se rallier à l'antique devise des Suisses : Un pour tous, tous pour un.

Martigny, le 12 mai 1844.

Le président du Comité:

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