‹ Le Valais de 1840 à 1844. Suite àChapitre 19 sur 29 · MAURICE BARMAN · texte numérisé non relu

MAURICE BARMAN

Le secrétaire i J. ABBET.

Annexe N° 7.

Lettre du capitaine Louis Pignat, de Vouvry, commandant de la Vieille Suisse dans l’Entremont, au commandant Jost, chef du même parti au Trient.

Sembranchcr , 1 7 mai 1 844

Cher Commandant !

Les détails que vous m’avez donné »t’a fait un grand plaisir par son importance et j’attends beaucoup des points de la Raima et du Trient. Je pense que ce dernier point ne sera pas moins soigné que l’autre pour parer à une atlaque de Martigny, car il faudrait aussi le prévoir. Votre projet de couper les communications de Fully avait l’inconvénient d’entraver la marche de la colonne amie du Haut, qui ne peut manquer de vous arriver, après avoir longé la

rive opposée et se joindra à vous, jonclion très- utile pour tomber sur Martigny et Saint - Maurice. Il a été adopté pour signe de ralliement un morceau d'éloflc blanche, marque visible, même de nuit. Je donnerai dans le Haut copie des détails que vous m’adressé, mais il m’est à peu près impossible de me transporter près de vous, étant obligé de courir d’une commune à l’autre dans VEntremont afin de tout préparer à faire force besogne.

Veuillez en attendant accueillir, etc.

P. S. J’ai des nouvelles du dizain de Monlhey; les Jeunes Suisses paressent assez calme pour le moment ; les Saviesans doivent être à Sion.

PicMAz , capitaine.

Annexe N° 8.

Proclamation du Conseil d’Elat du 18 mai 18 M.

Concitoyens !

Les liens sociaux se dissolvaient sur quelques points du pays; les derniers événements de Saint - Maurice et de Veyrossaz ne le disaient que trop haut. Le pouvoir exécutif avait épuisé ses moyens de persuasion et de contrainte , et le règne de la constitution et de l’ordre n’avait pas encore pu reprendre son empire.

Mesurant sa décision sur l’étendue des maux qui ' affligeaient la patrie, le grand conseil décréta la mobilisation de troupes suffisantes, pour assurer par la force le respect de l’ordre et des lois

aux citoyens , auxquels le vrai sentiment de la liberté ne savait pas l’inspirer.

C’est le retour de la tranquillité et la soumission de tous à une même loi , qui est le but unique de notre armement.

Gardez-vous surtout des insinuations perfides ou des protestations publiques, par lesquelles on chercherait à dénaturer nos intentions et à vous abuser ; chez nous aussi battent des cœurs de frères qui savent se soulever au milieu des souffrances communes et que nous vous ouvrons tout entiers pour concourir à tout ce que vos plaintes portent de juste et de progressif. Vous nous trouverez, faites en compte, dans vos rangs, quand ce sera le cri des améliorations qui nous appellera.

Nous n’appartenons pas à la classe de ceux qui n’ont rien appris et rien oublie.

Concitoyens ! conservez une attitude calme et forte, digne d’bommes libres et amis de la loi. Nous veillons sur vous, et la Providence, que nous prions sans relâche , bénira nos efforts *.

Donné au Conseil d’Etat, à Sion, le 18 mai 1844.

Annexe N° 9.

Ordre du jour du 19 mai 1844.

Officiers, sous-officiers et soldats !

Des désordres nombreux ébranlent depuis trop longtemps, dans quelques communes du canton, les bases de l’édifice social. Un es-

* C’est ce verbiage sentimental dont on empeeba la publication pour ne pas entraver les operations militaires t

prit de vertige s’est emparé des perturbateurs ; ils bravent impunément le bras de la justice.

Vous êtes appelés sous les armes pour contribuer à y apporter un terme.

N’oubliez pas un instant que vous vous rendez au milieu d’un peuple de citoyens, soumis avec vous aux mêmes lois, aux mêmes besoins, aux mêmes intérêts.

Inspirez-leur, par une discipline rigoureuse et par les égards que vous leur porterez, la confiance que doivent faire naître des hommes qui sont sous les armes pour le maintien de l’ordre légal et de la tranquillité.

La conduite honorable que vous avez observée depuis le moment de votre mobilisation, nous est un garant de votre subordination.

11 vous sera doux, à votre retour dans vos foyers, de pouvoir placer à côté du souvenir des services que vous aurez rendus à votre patrie, celui de vos ménagements et de vos affections pour des amis qui ne forment avec vous qu’une seule famille.

La patrie reconnaissante vous accompagne de ses vœux ; le Dieu des armées vous couvre de son bouclier.

Sion, le 19 mai iSUU.

Annexe N° 10.

Proclamation adressée par le Conseil d’Etat du Valais aux masses appelées, pour leur annoncer leur licenciement.

Chefs , officiers , sous-officiers et soldats !

La patrie en danger réclamait le secours de ses enfants ; fidèles à sa voix, vous avez courageusement répondu à son appel, et comme un seul homme vous avez rallié son drapeau.

Les rebelles n’ont point pu soutenir votre regard, et leur fuite n’a pas tardé à témoigner de votre dévouement et de votre intrépidité.

Le Valais vous doit, concitoyens soldats, le retour de l’ordre et de la sécurité, dont vos compatriotes jouiront désormais. Votre attitude ferme dans le combat, compatissante sous le charme de vos concitoyens, la discipline exemplaire qui a régné dans vos rangs, vous ont couvert d’un éclat qui rejaillira sur votre postérité.

Vous avez compris que si votre bras devait faire respecter la loi et repousser l’agression, il devait aussi tomber désarmé en face du citoyen égaré, mais soumis. Rentrez maintenant dans vos foyers, mais rentrez-y forts de votre dévouement à l’ordre public, de vos services rendus au pays, de l’exemple glorieux de modération que vous venez de donner à la Suisse entière.

Chefs, sous-officiers et soldats, remportez chez vous le témoignage de satisfaction et de reconnaissance que les pouvoirs constitués et le peuple vous adressent par notre organe.

Donné en Conseil d’Etat à Sion, le 28 mai 1844.

Annexe N° 11.

Lettre de M. Dufour.

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