M. 1>E TILLY
yous n’en serez pas moins sur le
théâtre un comédien pour le parterre î et si, parmi ceux qui le composent, il vous arrivait , comme cela est possible, d’être , au gré d’un étourdi ou d’un sot , l’objet d’une mauvaise critique ou d’une mauvaise plaisanterie, vous la repousseriez avec indignation ou avec menace j dans ce cas le parterre , qui se croit offensé , prend sans examen le parti de l’offenseur; il veut, il exige des excuses ; vous résisteriez , mais les personnes pi’éposées à la police et à la tranquillité des spectacles vous y forceraient; il pourrait même arriver, comme je l’ai vu plus d’une fois, qu’on vous criât à genoux : est-il possible qu’un homme brave comme vous, incapable de supporter une injure, s’expose à une aussi cruelle humiliation ?
M. DE SAVENAI.
Je me rends , Monsieur ; trop de considérations se réunissent contre un lY, 8,t
goût dont je n’avais pas aperçu toutes les conséquences : je ne ferai point le malheur de ma famille je renonce pour toujours à Melpomène et à Thalle; je vous en donne ma parole d’honneur. Es-tu content, mon frère?
Les deux frères s’embrassèrent ; je fus remercié par tous d’une victoire •agréable aux deux partis. M. deSavenai nous prévint qu’il irait, dès le matin, annoncer qu’une affaire importante s’opposait à ce qu’il parût sur le théâtre de Versailles, et que l’on ne comptât plus sur lui. Il ne fut plus question que d’aller prendre un repos d’autant plus doux que nous avions tous le cœur content.