‹ Le Valet par circonstance, ou, Le panorama de quelques maisons de Paris vues dans l'intérieur (volume 2)Chapitre 26 sur 31 · IV · texte numérisé non relu

IV

mens pris par mon oncle , j’attendis qu’il fût revenu delà maison de banque où il e'tait allé porter les dix-huit mille francs qui lui avaient été laissés ; il m’en remit le montant en trois traites sur Londres, ordre et valeur reçue de Deschamps fils aîné.

Munis de ces effets , je me rendis en grand costume chez madame la comtesse , qui me retint comme elle l’avait annoncé. Je la trouvai beaucoup plus aimable que je ne m’y attendais; elle joignait aux manières d’une femme de qualité , une grande facilité d’expressions qui l’eût pu faire prendre pour une Française, et toutes les connaissances qui n’appartiennent qu’à un esprit cultivé. Je profitai de eette occasion pour lui demander pourquoi monsieur son fils , depuis qu’on lui avait rendu la liberté, n’était pas venu auprès d’elle. J’étais, me dit -elle, si charmée <3e

l‘avoiv délivré d’une injuste et odieuse captivité , que je lui ai donné l’ordre de repasser dans sa patrie. Il s’y est conformé en me promettant de ne jamais revenir sur le sol français. Je vais le retrouver à Londres, où j’espère le marier et le faire renoncer au service.

Mademoiselle d’Ormontétant venue auprès de Milady, qui l’avait fait demander , je lui remis les papiers que f apportais pour M. Deschamps , et je passai entre ces deux dames une journée qui se prolongea jusqu’à neuf heures du soir , que je les vis enfin monter en voiture, précédées de Carie, à qui je n’eus que le temps de dire un mot et de lui serrer la main.

Pour la satisfaction de ceux qui s’intéresseront à cet honnête jeune homme , j’ajouterai que son voyage a été heureux, qu’il est sorti de la frontière sans difficulté, et qu’il s’est

embarqué avec ses compagnes de voyage. Voilà ce dont une lettre écrite au moment de l’embarquement par Miladj nous a d’abord donné connaissance, et plus tard nous avons été instruits de la réunion de nos deux amis à leur famille , et qu’un mariage si longtemps traversé avait enfin couronné leurs vœux,

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