M. DE NÉ R Y
Je le ci'ois ; mais il y a un article important sur lequel il faut nous mettre d’accord : c’est la dot de ma fille; je sais que vous ne demandez que sa personne J mais ce désinte'ressement mérite qu’elle en ait une, et il ne pourrait me convenir de la marier sans lui donner les quatre-vingt mille livres que je lui ai destinées.
M. DESCHAMPS
Pourquoi vous priver, Monsieur, de cette partie de votre fortune , dont je n’ai pas besoin ?
M. DE NÉRY.
INi moi non plus: je suis le moins qualifié de toute ma famille ; tous mes
parens ont des charges dans k robe ou dans la finance ; raais je suis le plus riche. Je n’e'tais qu’un marchand bi*joutier ; ma fortune s’est accrue rapidement ; je me suis retiré de bonne heure pour en jouir ; la dot de ma fille est le fruit de mes épargnes, ainsi, en la lui donnant, je ne retrancherai rien à mon revenu, qui sera un jour le sien , car elle est ma seule et unique héritière. Au surplus, pour soulager votre délicatesse , j’y mettrai une petite condition.
M. DESCHAMPS
Toutes celles que vous voudrez , Monsieur; je suis prêt à m’y soumettre.