KOL L I 3NT
Admirable conclusion ! je voudrais avoir été capable de la faire comme vous, Monsieur; elle fait l’éloge de votre cœur.
CANTINI.
Mon projet n’est point de favoriser le crime, et quoique je conserve mes doutes , je me tiens pour battu.
BOISVIN.
Et tu fais bien. Je réclame contre toutes disputes philosophiques; elles vont contre mes intentions , qui sont de boire , de manger et de nous amu-
ser. Parlons plutôt des femmes , cela est plus gai.
CANTINI.
Nous avons épuisé la matière.
LEGER
Vous le croyez : l’amour, aussi vieux que le temps, est toujours jeune.
rollin.
Selon les yeux qui le regardent.
BOISVIN.
N’avons-nous pas Bacchus? Allons, mes amis, sablons du champagne, la gaîté renaîtra tout de suite.
Après que le premier flacon eut été vidé, il reprit ainsi : Il ne tient qu’à vous, mes amis, d’ouvrir une nouvelle carrière à nos plaisirs ; que chacun de nous raconte son histoire : vous connaissez la mienne, mais j’ignore les
vôtres. Ce sera un plaisir dont Je vous aurai obligation.
LÉ G ER
Volontiers, je m’y engage; mais pour notre première réunion, il est tard aujourd’hui ; je veux aller entendre Elleviou ; il chante ce soir dans la seconde pièce.
Voilà qui est dit. Après demain je vous attends tous ; ce sera le révérend père Cantini , notre doyen , qui commencera.
Pendant le reste du dîner, il ne fut plus question que de spectacle ; car , malgré les convulsions politiques, le plaisir n’avait pas cessé d’être le besoin des habitans de Paris , et j’étais quelquefois aussi léger que mes compatriotes.
Je n’étais pas assez amateur d'une
table recherchée par sa délicatesse pour être tenté de me voir au nombre des convives de M. Boisvin ; mais pour connaître la vie des originaux avec qui je venais de dîner , je souhaitais pouvoir y revenir le jour indiqué , et ce fut avec plaisir que je m’en vis invité ainsi que mon ami Dupré , qui , ayant accepté , entraîna mon consentement par son exemple.