Confidences, p. (i
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çà et là dans les interstices, et que les petites grenouilles d'été, à la voix si douce et si mélancolique, y chantent le soir venu comme dans un marais. »
L'intérieur de la maison réiioiid au dehors: même impression de vie rustique, sinijjle et large; même familiarité libre et aisée, rappelant les temps du patriarcat.
Fuis un jardin « semblable au modeste enclos du vieillard Laërie décrit par Homère n, quelques cairés de légumes, de vieilles charmilles formant un ténébreux berceau, un réservoir creusé dans le rocher, « et, autour de cette eau stagnante et verte, douze: sycomores et quelques platanes qui couvrent d'un peu d'ombre un coin de terre, derri«ire les murs, et qui sèment de leurs larges feuilles jaunies par l'été la nappe huileuse du bassin.... »
Voilà l'image qu'il faut évoquer en lisant Milli/, et qui nous permet d'acorder maintenant l'examen direct du poème.
Millij est plus « composé » que Le Vallon : la marche de la pensée y est réfléchie, orientée d'avance et régulière dans sa progression. Lamartine a sans doute ajouté, à la pièce primitive, l'expression d'un vomi ([ui n'y figurait pas d'abord : c'est que la terre natale ne sorte i)as de la famille (jui s'y est élevée; mais ce vo^u même conspire avec l'ensendile et peut passer pour le coulonnenient du poème.
Celui-ci, est formé d'une suite de « développements » faciles à discerner et à résumer :
1» (Vers 1-IG). Le souvenir de la terre natale me poursuit jusque sous d'autres cieux. Pounpmi'.'
Ohjols iiiaiiiiiK's. ;ivoz-voiis tiouc une àine, Oui s'atlaclie à iKitro âme et la force d'aimer?
•i" (Vers 17-.j(j). J'ai vu d'admirables pays : énumération des iieautés diverses de l'Italie et de la Suisse. Mais ils ne me touchent point... (( et mon cœur n'est pas là! )>
5° (Vers 57-152). Au contraire il est un sol aride qui n'a point les beautés, ni... ni... ni... « et c'est là (|u'est mon cœur!
r,(i i.AMAr.TiM;,
4" (Vers 1 ôrt-'i.") i) . (I Tdiit m'y inule iiiio Iiiiiliuc niix iiiliinos accents. Tout s'y souvient de moi, tout m'y connait, lout m'aime... Voilà le banc où mon père... la place où ma mère, fU-.
5» (Vers 255-208). Hélas! la \ie a (iisi»ersé la familli'. ilieiilùl, j»eut-èlre. la maison tombera aux mains de l'èlranuer.
G" (Vers 2(j8-2«S(S) a .Ne permets pas, Sci^neui'. ce deuil el cet outrage.... «
7° (Vers 289-558). l'uissr'-je mouiar là cl y reposer parmi les cendres dos miens.
Ualtachons cidin à celle biève analyse le d C.ommenlaii'e » de Lamartine qui rappelle un toucbaiit souvenir à propos de jVi//// :
(( Quand j'écrivis celle llarniouie, j'étais en Italie. Je l'envoyai à ma mère; elle vit que j'avais parlé d'un lierre qui tapissait au sud le mur humide et froid de la maison. (Vêtait une erreur, le lierre n'existait pas ; il n'y avait que de la mousse, des vienes vierges, des pariétaires; ma mère, qui était la sinct-rité jusqu'au scrnpule, soullVit de ce petit mensonge itoétique. Elle ne voulut pas que son Mis eût menti, même pour dmmer une couleur de plus à un tableau imaginaire; elle planta, de ses propres mains, un lierre à l'endroit où il maiiiiuait. Sans do)ite cpie Dieu bénit ce petit plant et (pie les pluies d'hiver l'arrosèrenl, car. en peu d'amiées, il habilla conqdèlement le nuu". Ma mère momut ; le lierre grandit toujours; et maint\Miant il est devenu si vigoureux, si ramifié, si loutl'u, si usurpateur de liuile la maison ipi'il lait une cornicbr vcrlc cl Hotlanle au loil, li (pi'il gène les peisiennes du côte du nord. Les étrauj^eis el les paysans en coiqienl parfois des branches en mémoire de ma mère; mais il en l'epousse suflisammenl pour couvrir un champ de morts.
Eu écrivant celle noie (18ill), je ne puis m'iMupéclier de l'aii'e un triste nhuir sni' les nécessités de la \ii'. be lierre restei'a attachi- à celle niaisou, el les enfants seroul forcés de la quitter à jamais. \lill\ sera sans doute \eudu dans peu de jours! »
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LA TEHRK NATALE
l'(iui'(jii(>i le |ii'ononcei' ce nom de la pali'io?
Dans son hiillaiil exil mon cueLii' on a frémi;
Il l'rsonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami. i
Montajifues que voilait le brouillard de l'autonuie,
Vallons ([ue tapissait le givre du matin.
Saules don! l'énKmdeur effeuillait Li couronne,
Vieilles lonrs (pie le soir dorait dans le lointain, 8
Mms noircis par les ans, coteaux, sentier rapide, Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour AttiMulaient goutte à goutte une eau rare et limpide, Et, leur urne à la main, s'enti'elenaient du jour', 12
Cliamnière où du foyer élincelail la llannne.
Toit que le pèlerin aimait à voir funu!r,
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre àmi' et la force d'aimer'.' IG
J'ai vu di's cieux d'azin', on la nuil est sans voiles, Doi'és jus([u'au matin sons les pieds des étoiles^,
\. V.\c[u\)\c (II' Icniios iiiililcs : « j)as(oiii's » pnin' « hcrj^crs »; « iii'iio» poui- a ^Diirilc »; un iini plus loin (vers li) « iiolcriii » [loiir « voya- Ki'ur ».
2. <i Sdiis les pieds clos cHoiles » iinay;e siiigulici'O (|iii imliiiuc sculenioiil qui' la luiniùro siiléralo vioiil de plus loin, tombe f/f* /laut.
^'8 i.amautim:.
Ari'ondii' sui' mon IVdiil dans leur arc iiilini
Leur dôme de cristal qu'aucun vent na terni'; -jo
J'ai vu (les monts voilés de citrons et d'olives
Réfléchir dans les Ilots leurs ombres fugitives,
Kl dans leurs frais vallons, au souffle du zéphyr,
Hercei' sur ré|)i mûr le cep prêt à mûrir*: -n
Sur des boi'ds où les mers ont à pi'iiie un nmriiiurc.
J'ai vu des flols hiillants l'onduleuse ceinture
Presser et l'elàchei- dans l'azur de ses plis
He leurs caps dentelés les contours assoui)lis, -js
S'étendre dans le golfe en nappes de lumière.
liiancliir recueil fumant de gerbes de |ioussiére,
Porter dans le lointain d'un occident vermeil
lU's Iles (pii semblaient le lit d'or du soleil, :d
(tu, s'ouvrant devant moi sans rideau, sans liniilc
Me moiilrcr l'inlini (pie le mystère bai»ile:
J'ai vu ces lier^ sonnnels, |iyraniides des aiis,
Où l'été repliait le manteau des hivers, ."i;
Jusqu'au sein des vallons descendant par étages,
Enti'ecouper leui's flancs de hameaux ei d'ombrages.
De pics et de rochers ici se héiisser.
l'.n pentes de gazon plus loin fuir et glisser, m
bancei- en ai'cs fumants, avec un bruit de foudic.
Leurs tori'enls en écume et leuis fleuves en poudre.
Sur leurs flancs éclaii'és, obscurcis tour à tour,
Former des vagues d'ombre et des îles de joui-, il
Creuser de frais vallons (jue la pensée adore.
Remonter, redescendre, et remonter encore.
Puis des dei'uiers degrés de leurs vastes remparts.
A ti avers les sapins et les chênes épars, is
I. Alhisiiiii il la lonnc de coiipulo ou de raloMc i|iio piciul pour nous 1(( rirl et ipii in'oviciil ili' ce ipic la lisiic d'Iioiizoïi nous appnrail circulaire.
'2. Sit:uo (l'nur fcrlililc liicii exn'aordiiiaii'c : le lilc ini'iril on jnill(M et la vigne an plus lot eu septembre.