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CHAPITRE V

Le Découronnement

de la Sainte - Chapelle

Le Dépouillement du Louvre d)

SoMMAïuE. — Pour la Couronne. — La Sainte-Chapelle condamnée.

— Elle résiste à la guillotine. — Destruction de la flèche. La plaie béante.. — Le Louvre et le Comité des Travaux publics.

— f^es équipes de démolisseurs. — Scrupules ministériels : leur vanité.

Pour la Couronne. Le i4 mai ivqS, les administrateurs du Département de la Police, — Jober, Friquet, Froidure (2) et Baudrier, — écrivaient aux administrateurs du Département des Travaux publics :

(( Citoyens et collègues,

» Nous recevons des plaintes de tous côtés que les yeux des patriotes sont offusqués de divers monuments élevés par le despotisme dans les temps d'esclavage, et qui certainement ne doivent pas exister sous le règne de la liberté et de l'égalité. Nous connaissons trop votre républicanisme pour penser qu'il soit nécessaire de vous inviter à faire

(i) Voir nos études parues dans la Revue pratique d'Apologétique du i«r septembre iqiS, elle Correspondant du aâ décembre 1918.

(2) N. A. M. Froidure était membre de la Commune et de la Société des Jacobins.

(jf) LE VANDALISME JACOniN

dispaniUnî prompleinent ces objets odieux a tous vrais Français; il sulTit de vous les faire connaître.

» La flèche du clocher de la ci-devant église dite Sainte-Chapelle est entourée d'une vaste couronne qui semble, il est vrai, n'être élevée si haut que pour éviter d*étre foulée aux pieds. Mais les républicains atteindront et renverseront tout ce qui leur rappellera le règne de la tyrannerie (sic). »

Le (( républicanisme » était en jeu : il n'y avait qu'à lui donner satisfaction. L'orgueilleuse couronne va donc devenir le point de niire des administrateurs municipaux.

Le 25 mai, Bernard Poyet, architecte de la Commune (i), reçut des administrateurs des travaux publics une lettre leur demandant le devis des échafaudages nécessaires à l'enlèvement de la couronne. Le futur membre de VInstiiut royal de France, loin de s'élever contre ce projet, lui donna au contraire toute son ampleur c patriotique », et il écrivit le 3i mai au citoyen Avril, administrateur des travaux publics :

(( Il est de la plus grande urgence de faire disparaître tous les signes de la féodalité existant sur les murs du Palais, ainsi que les fleurs de lys, couronnes et autres attributs de féodalité que l'on voit exister encore à la flèche de la ci-devant Sainte- Chapelle. Le Directoire est au moment de faire exécuter cette suppression si le Département des Travaux publics n'y fait pas pourvoir dans le plus

(i) Nous étudierons plus loin la carrière de Poyet.

^ mJ^ICIPALlTK DE PARIS.

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