EPILOGUE Le Vandalisme contemporain
La campagne de M. Maurice Barrés»
A un siècle de distance, M. Maurice Barres a repris la campagne de Victor Hugo contre « la bande, noire » des démolisseurs d'Églises : nous assistons, écrit-il, Ix « la réussite de la vaste conspiration secrètement organisée, toujours niée, toujours poursuivie, qui, pour satisfaire une haine furieuse du catholicisme, veut jeter bas le plus beau trésor de France... Oui, il y a de ces municipalités qui veulent l'effondrement de leur propriété — pour rien, par haine du Christ... Il faut que tous les esprits se tournent vers ces grandes murailles menacées et se groupent autour d'elles; il faut que la pensée tout entière vienne au secours des églises » (i).
Elles sont en effet menacées d'écroulement. M. Barrés en a fourni onze cents exemples : « Est-il exact, mon tableau? se demande-t-il. Oui. Est-ii complet? Non. J'ai vérifié soigneusement chacun des cas qui m'étaient signalés. Mais je suis loin d'avoir connu tous les cas, toute l'étendue du désastre...
(i) Tableau des églises rurales qui s'écroulent (Paris, Poussielgue, igiS. — Publications de la Société Blibliographique).
3aO l'E VANDALISME JAC(ii}l?(
Je vous cite les églises dont j'ai eiileiuiu l'appel : il y en a d'autres, cerlaiuernent tout aussi menacées, dont la plainte ne m'est pas arrivée. 11 y <ti a d'autres enfin (|ui ont passé cet état où l'on lutte encore, où Tofi a la force d'élever une plainte... »
D'autres « plaintes » sont parvenues au (Comité Catholique de défense religieuse (i) qui s'efforce de prévenir l'œuvre — légalement fatale — du temps : à la date du 25 mars nji3, les dix dernières demandes de secours qui lui avaient été adressées concernaient des églises (2) dont aucune ne figurait au tableau de Maurice Barrés.
Ces sanctuaires sont-ils méprisables au point de vue artistique? Comme si les humbles ornements d'une église rurale n'étaient point générateurs du goût et n'élevaient point l'àme de ceux dont l'idéal n'a pas d'autre aliment! Gomme s'il ne s'agissait point, au fond, des ultimes barrières qui séparent la civilisation de la barbarie ! « Depuis que notre église est fermée, écrivait à M. Maurice Barrés l'un de ses correspondants, on vit comme des sauvages, on ne sait même plus quand c'est dimanche. » « Combien ceci est vrai, ajoute un autre, et comment ce point de vue n'est-il pas plus souvent envisagé.^ N'est-ce pas un argument de premier ordre pour la cause que vous défendez ? J'habite deux
(i) lit, rue d'Assas.
(2) Voici leurs noms : églises de Villeltes (Haute-Loire), d'Anglesqueville-sur-Saane (Seine-Inférieure), de Saxy-Bourdon (Nièvre), de Saint-Sauveur de Genestous (Lozère), d'Heuringhem (Pas-de-Calais), de Prunières (Hautes-Alpes), de Grandlup (Aisne), de Goggia (Corse), de Giéville (Manche), de Lauris-sur-Durance (Vaucluse).
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Ces sanctuaires sont-ils méprisables au point dvue artistique? Comme si les humbles „r,.en.enls d'une église rurale n'étaient point générateurs du goùl et n'élevaient point l'âme de ceux dont 1 idéal n'a pas d'autre aliment! Comme s'il ne s agissa. ., des ultimes barrières qui separeiu ^ ,on de la barbarie! <■ Depuis que notre
église est fermée, écrivait à M. Maurice Barrés l'un de ses correspondants, on vit comme des sauvages, on ne sait même plus quand c'est dimanche. » „ Combien ceci est vrai, ajoute u« autre, et cornment ce point de vue n'est-il pas plus souvent envisagé? N'est-ce pas un argument de premier ordre pour la cause que vous défendez? J'habite deux
(i) ik, rue d'Assas.
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