ÉPILOGUE 3a
C'est encore l'église de Thury, xv^ et xv!*" siècles (qui possède un très beau portail) dont la couverture est mauvaise et les contreforts dégradés. Et c'est la belle église de Turny (i5i8) dont le portail couvert de sculptures très intéressantes aurait besoin d'être protégé. »
Dans le seul diocèse de Sens, les églises non classées réclamaient en 19 12 pour près de 260.000 fr. de réparations urgentes.
Comment , au terme d'un ouvrage sur le Vandalisme Jacobin, ne point rester saisi par la ressemblance des deux époques ? « Monsieur, a-ton aussi écrit à M. Maurice Barrés, je veux vous répéter ce que nous contait le grand-père de ma femme, qui avait vu les églises fermées sous la Révolution. Rien de plus triste, disait-il, que cette époque pour les habitants des campagnes. L'office du dimanche ayant cessé, ils se morfondaient d'ennui. Les femmes n'ayant plus, pour se montrer, le lieu de rendez-vous qu'était l'église, ne faisaient plus de toilette et ne paraient plus leurs enfants. Les hommes ne se rasaient plus et portaient leur chevelure inculte; ils laissaient souvent passer le jour où ils avaient l'habitude de changer de linge. A quoi bon, puisque isolés dans leurs champs ou dans leurs bois ils n'avaient pas à paraître ? Les habitants souvent dispersés dans des hameaux éloignés ne se réunissaient plus, l'occasion des
3a/i LE VANDALISME JACOBIN!
ollices rcligi(;ux n'existant plus. On avait la sensation qu'un immense crôpe recouvrait le pays. Ce serait celle que nous éprouverions si cette sinistre épo(|uc revenait ; et elle reviendra si votre belle campagne échoue. »
Oui c'est la « conspiration » qui se poursuit, et qui, cette fois, espère aboutir à l'irréparable par des moyens déjà vieux de cent vingt ans. Une différence pourtant: les premiers « héros de la « table rase » et du « retour à la nature », — du retour à la Bête écrasant ÏEsprit, — ne s'embarrassaient point d'hypocrisies superflues.
« Les objets [les dépouilles d'églises] que préfère Gouyba, observe tristement Barrés, seront déportés, exilés » ; la Notre-Dame de Grâce du vieux cimetière de Charmes « plus jamais ne portera dans sa main la première grappe noire des vignes de chez nous », « et ceux qu'il dédaigne, vendus ». En 1793, c'est dans toutes nos églises que se perpétrèrent de semblables sacrilèges, et nous savons quelles révoltantes dilapidations remplirent le bric-à-brac du Dépôt national, ou alimentèrent la brocante étrangère.
Le 16 janvier 1911, Barrés lut à la tribune du Palais-Bourbon cette note de M. de Marcère, ancien ministre, doyen du Sénat et maire de Messei dans l'Orne : a Depuis le mois de mai, alors que quatre architectes ont donné leur avis formel tendant à la reconstruction du clocher qui constitue un danger public ; alors que le maire a multiplié ses instances auprès de l'administration ; alors que la saison