AVANT-PROPOS IX
pleine Terreur, à maintenir, à défendre le patrimoine d'art de la France, et s'y ingénièrent avec la sollicitude la plus compétente et la plus éclairée ».
L'an dernier, enfin, dans une thèse de doctorat, M. Frédéric Rucker (i) résume ainsi l'œuvre artistique de la Révolution : a Guidée par de nobles principes, elle se décida à conserver pour la nation ces monuments jusqu'alors réservés aux privilégiés ; elle résolut de les protéger contre les attaques de quelques énergumènes, et de les transmettre aux générations futures ».
(( Sollicitude la plus compétente et la plus éclairée », (( attaques de quelques énergumènes », « fureur populaire », « vains bavardages », notre lecteur sera à même d'en juger ! — Mais comme M. Riicker, négateur aussi sérieux que M. Benoit, prétend appuyer sa thèse à la fois sur les principes et sur les documents de l'époque révolutionnaire , il importe de fournir ici un bref aperçu de son argumentation.
Sous la Révolution, « les Beaux-Arts trouvèrent dans le législateur un défenseur passionné et même éloquent qui mettait hardiment la Nation à la place du Roi... Faire servir l'art à la grande cause de la liberté, tel est un des rêves de la
(i) Les Origines de la Conservation des Monuments Historiques en France, lySo-iSSo. (Paris, Jouve, igiS).