ÉCOLE DE MARS. — ÉCOLES DIVERSES. — MUSÉE D'ARTILLERIE
En même temps que cette école savante, la Convention en avait institué une autre, qui, sous le nom d'École de Mars, avait pour but de former rapidement de jeunes soldats pour le recrutement des différentes armes dont se compose une armée (1). Cette école n'eut qu'une existence passagère. Décrétée le 1er juin 1794, sur le rapport de Barrère, elle fut dissoute à la fin de la belle saison. Cette dissolution, du reste, était prévue et annoncée dans le décret de formation. «Aussitôt que le camp sera levé, disait l'article 11, et en attendant que les élèves aillent faire leur service aux armées, ils retourneront dans leurs foyers et seront admis à d'autres genres d'instruction, suivant l'aptitude et le zèle qu'ils auront montré» (*2). C'était d'ailleurs une nécessité : l'École de Mars était moins une école qu'un camp, formé dans la plaine des Sablons, près Paris. Trois à quatre mille élèves de quinze a dix-
(1) Au moment où la Révolution éclata, il n'existait plus d'école militaire; celle qui avait été fondée en 1751 avait été supprimée par arrêt du Conseil, le 9 octobre 1787.
(2) Rapport sur la clôture de l'École de Mars, 23 octobre 1 794.
sept ans y avaient été réunis. Ils avaient été choisis par les agents nationaux parmi les enfants de citoyens « peu fortunés et de préférence parmi les enfants des volontaires blessés dans les combats ou servant dans les armées de la République ». L'enseignement y était tout pratique ; les élèves couchaient sous la tente et n'étaient réunis dans un bâtiment couvert que pour les cours et leçons théoriques. L'organisation de celte troupe était singulière : les jeunes soldats étaient divisés en milliers, centuries, décuries, et Guyton de Morveau faisait ressortir les avantages sensibles, disait-il, de cette division. «Elle rentre dans le système décimal et elle prévient bien des obscurités dans la comptabilité. » Chaque élève devait s'habituer aux différentes nécessités du service, en remplissant pendant quelques jours, et à tour de rôle, les fonctions d'officier. Les jeunes gens qui, après les premières épreuves, avaient montré le plus de dispositions pour le maniement du cheval, avaient formé un corps de cavalerie. Les autres armes étaient également représentées. Gomme on le voit, c'était une petite armée, plus semblable à celle que 18/j8 avait organisée sous le nom de garde mobile, qu'à une école proprement dite (1). « Une des vérités les plus importantes qui se trouvent acquises ou plutôt confirmées par les essais faits à l'École de Mars, disait Guyton de Morveau, c'est que tout soldat, soit d'infanterie, soit même de cavalerie et d'artillerie, peut apprendre en
(1) L'uniforme se composait d'une tunique serrée par une ceinture servant de cartouchière, d'un pantalon de drap et d'un chapeau de feutre retroussé sur les bords par des cordons. Le sabre, de forme antique, était à peu près celui que porlent aujourd'hui nos soldats.