INSTITUTION DES SOURDS-MUETS
avait intéressé d'abord à son entreprise quelques personnes puissantes, qui l'encouragèrent, et qui avaient assez généreusement soutenu son œuvre. Malheureusement plusieurs des protecteurs émigrèrent, et alors Haùy se tourna vers la puissance nouvelle qui s'élevait, sollicita des secours, en obtint de la Législative et de la Convention, et eut grand soin de faire figurer les jeunes aveugles dans toutes les solennités républicaines de l'époque. La situation de l'établissement était alors fort précaire. Je trouve pourtant un décret du 30 prairial an II (18 juin 179&) portant que chaque quartier du traitement que la nation accorde à Y Institut national des aveugles travailleurs sera payé d'avance (disposition qui est en même temps étendue aux sourds-muets). C'est seulement en 1795 (28 juillet) que l'École reçut de la Convention une organisation définitive. Une loi y créait 86 bourses, une par département, en accordant en outre à l'institution la faculté de recevoir des élèves payants ; de plus, aux élèves qui, pendant les cinq années d'études, se distingueraient par leur application, elle assurait à leur sortie une somme de 300 livres pour aider à leur établissement, et fixait le traitement de deux instituteurs (5000 et 3000 francs), ainsi que de leurs adjoints (2500 francs).