EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
En commandant des œuvres d'art, en décernant des prix, la Convention ne faisait, après tout, que suivre l'exemple de la monarchie, avec quelques modifications heureuses, il est vrai. Ce qui n'appartient qu'à la Révolution, c'est d'avoir essayé d'intéresser la nation entière aux grandes œuvres du génie ; c'est d'avoir essayé son éducation artistique; c'est d'avoir voulu former un public aux artistes, qui, pour la première fois aussi, allaient jouir enfin des bénéfices de la libre publicité.
Cette pensée était si bien dans l'esprit de l'époque, que ce fut l'Assemblée constituante qui en eut l'initiative.
Les artistes, nous l'avons dit, n'avaient le droit de faire connaître leurs œuvres dans une exposition publique que s'ils étaient membres de l'Académie de peinture et de sculpture. Les non-privilégiés avaient bien institué au xvme siècle une sorte d'exposition qui se faisait en plein air, place Dauphine, le jour de la Fête-Dieu, et qui durait deux heures, un peu moins de temps qu'un reposoir. C'était là seulement, et au milieu des conditions les plus mauvaises, on en conviendra , que l'artiste qui n'était pas académicien pouvait parvenir à la notoriété.
La liberté d'exposer ses œuvres et de les soumettre au