‹ Le vandalisme révolutionnaireChapitre 16 sur 76 · CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS 'J · texte numérisé non relu

CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS 'J

Deux mots sur lo travail dos femmes, dont rinsullisanrc entretient le vice aussi bien que la misère.

« Les mœurs et la pi^ispérité nationale feront de grandes conquêtes , si l'on dirige insensiblement les femmes vers des travaux analogues à leur constitution. Déjà quelques-unes commencent à composer dans les imprimeries; tout ce qui se fait avec l'aiguille convient à leur sexe. Et quel est le citoyen qui ne souffre en voyant des hommes bien constitués être coiffeurs de dames, tailleurs d'habits pour femmes, valets de chambre, garçons cafetiers, tandis qu'ils devraient refluer dans les ateliers d'armes et dans les campagnes, pour remplacer ceux de nos frères qui ont péri aux champs de la victoire? Vous voyez comment, dans un gouvernement libre, tout se rattache à la démocratie. »

Grégoire présente le plan du Conservatoire qu'il propose : do grandes collections ont été amassées, il suffit de les classer et de les réunir. Quant aux dépenses annuelles, elles ont été calculées : elles se monteront à 16,000 livres. Le règlement relatif aux cours d'enseignement scrii fait par les membres mêmes du nouvel établissement, selon la très libérale mesure qui avait été déjà adoptée pour le Conservatoire de musique, l'Observatoire et le Muséum d'histoire naturelle. Le rapporteur termine ainsi:

(I Au milieu des tourmentes révolutionnaires , il est l)eau d'ouvrir des asiles à l'industrie et d'assembler tous les éléments dont se compose la félicité nationale. Cette marche est vraiment digne du législateur ; car, entre les peuples comme parmi les individus, le plus industrieux sera toujours le plus libre. C'est donc calculer en poli tique que d'ùter tout prétexte à l'ignorance, à la fainéantise, et de faire en sorte que rien no soit à meilleur compte que la science et la vertu. »

Le projet est adopté quelques jours après (IG octobre 1794, 19 vendémiaire an III).

'.'I ENSEUiNEMliNT SUPÉRIEUR

Trois dcinouslrateur.<; et un dessinateur rurent allachés à cet établissement.

Malheureusoinent le Conservatoire des arts et métiers eut à compter avec la mauvaise volonté de hi réaction, a<-liarnée à détruire tout ce qui rappelait et honorait l'époque conventionnelle. Quand en IT'Jô le Directoire réclama pour le Conservatoii-o, dont les collections étaient réunies dans trois locaux dillerents, im local unique et convenal)lc (c'étaient les Ijàtiments de l'ancienne abbaye de Saint-Martin des Champs, le local actuel du Conservatoire), un député aux Cinq-Cents lit oljserver « que ce local était beaucoup trop vaste et trop précieux pour y loger les macdiines et les instruments d'un Conservatoire (1) ». Et après avoir parlé de ce ton dédaii; lieux d'un établissement utile et honorable pour la nation, il réussit à taire repousser le projet et mémo supprimer le modique salaire des meinljres du Conservatoire.

Ce député était un ancien royaliste, qui eut do[)uis l'honneur d'attacher son nom à plusieurs mesures antirévolutionnaires :

Le rétablissement de la loterie ;

Celui de l'impôt du sel ;

L'établissement de l'imixjl sui' les ijoissons et de la l'éyie des droits réunis.

Il l'ut nommé sénateur et comte par Napoléon, et est mort pair do France. C'était Fabrc (de l'Aude).

Heureusement, trois ans plus tard, Grégoire, toujoui-s tenace, réussit à démontrer aux Cinq-C'ents l'utilité du Conservatoire, qui fut installé eniin dans l'abbaye de Saint-Martin des Champs. Ce succès ne put pourtant être obtenu (lu'ai)rès (jue le coup d'Ftat de IVuctidor,

(1; Je cite la phrase telle qu'elle est au Monileiir, leijuel ne lait que résumer ce rliscours. On prétend (jue ce député aurait dit qu'on n'a\aii pas hi-soiii île cette collection de joajoux.

EXPOSITIONS DE LINDLSTRIE Uô

rGgrcttaljlc à tant d'autrci< égards, eût éloigné du Conseil la faction hostile à la Révolution.

L'institution du Conservatoire en appelait une autre. De uiénie qu'à côté du Musée du Louvre, où étaient déposés les chefs-d'œuvre des maîtres , la Révolution avait invité les artistes vivants à des expositions où tous pouvaient être admis; à côté du Conservatoire des arts et métiers devait naître V exposition des produits de l'indxstrie. Ce fut au Directoire que furent réservés l'initiative et l'honneur de cette première exposition. Il ne crut pas pouvoir mieux fêter l'anniversaire de la fondation de la République qu'en l'éunissant au Champ do Mars, pendant les jours complémentaires do l'an V (septembre 1707), les divers produits industriels, et en faisant imprimer la liste des artistes et manufacturiers qui avaient concouru à l'exposition », avec celle des prix décernés par le jury. Cette publicité , qu'on ne l'oublie pas, était alors une nouveauté, aussi bien que ces honneurs rendus aux arts industriels. C'était le complément naturel de l'institution du Consei^vatoire.

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