EXPOSITIONS ANNUELLES
décrétée, il n'y a plus poiu^ aucune partie de la nation, ni pour aucun individu, aucun privilège, ni exception aux droits communs des Français, décrète que les artistes franr-ais ou étranqers, membres ou non de l'Académie de peinture et de sculpture, seront admis à exposer leurs ouvrages dans la partie du Louvre destinée à cet objet. » Cette première exposition non privilégiée eut lieu en septembre 1791.
La seconde eut lieu en 1793, l'usage étant établi depuis plus de trente ans que les expositions n'eussent lieu que tous les deux ans. Mais, à partir de 1795, les expositions furent annuelles jusqu'au Consulat, qui rétablit l'usage des expositions biennales.
La liberté est une mère féconde. Sous le régime de la libre concurrence, le nombre des exposants et le mérite des œuvres exposées allèrent toujours croissant d'année en année. Pour 1789, dernière année du privilège, « l'explication des peintures et sculptures exposées par messieurs de l'Académie royale » contenait 350 numéros. Celle de 1791, première année de la liberté artistique, compte déjà 794 numéros ; celle de 1793, plus de 1,000 numéros (encore avait-on réuni plusieurs ouvrages du même artiste sous un seul numéro) ; enfin, celle de septembre 1795, 3,048 numéros. Il ne faudrait pas sans doute attribuer trop d'importance à ces chiiîres, si l'on ne devait remarquer que la valeur des œuvres exposées alla croissant avec le nombre des exposants. L'essor imprimé à l'art continua jusqu'à l'exposition de l'an V, qui fut son point culminant. Selon le savant critique que j'ai déjà cité, « il faudrait peut-être remonter jusqu'à la Renaissance pour retrouver un mouvement dans l'art aussi intéressant et aussi plein d'expansion : il n'a été que trop court », et, si l'on a jugé sévèrement cette Ecole, ajoute M. Renouvier, c'est qu'on l'a jugée sur ses derniers ouvrages, sur ceux qui furent surtout con-
^acvcn il céléhrcv une gloire t'gohle. « Deux paris sont à faire dans l'Ecole de David : l'Empire n'a ou de cette Ecole que la queue, sa tète est à la Révolution. Quand on la jugera sur ses œuvres les plus vitales, celles de sa jeunesse, on reconnaîtra que, dans les sujets antiques, elle est restée l'interprète de son temps, qu'elle a montré une grande puissance de dessin, une lièrc expression de la pensée (1). »
(1| llitit. de l'nii pcndind lu. Rcvolutiun, pp. 27 et 2i<.