CONSERVATOIRE DR MUSIQUE
qu'ici, comme ailleurs, la Convention avait eu dans ses choix un incomparable bonheur, et que, parmi les artistes contemporains, elle eut le rare mérite d'élire ceux que nommerait encore la postérité. Mais qu'y faire ? Cette monotonie même est son éloge. Son secret, du i^este, était bien simple, ici comme ailleurs : c'était de se laisser guider par l'opinion des juges compétents. Elle avait confié à l'Institut même le soin de désigner ses chefs (1).
Les professeurs, dont le nombre dépassait cent, étaient divisés en trois classes.
On remarquera que, dans ce pi'ogramme, il n'était nullement ({uestion de déclamation. La Convention entendait fonder un enseignement complet de la musique, mais rien de plus. L'école de déclamation n'a été jointe au Conservatoire qu'en 18()0.
Et maintenant, persiste-t-on à dire que la véritable fondation du Conservatoire date du régne de Louis XVI (2) ?
Pour montrer la différence radicale qui existait entre l'école grandiose de la Convention et l'école royale préparant des sujets pour la musique de Sa Majesté et pour rOpéra, il suffit de rappeler ici les paroles du premier directeur du Conservatoire, expliquant aux professeurs et aux élèves l'esprit du règlement de l'école, et traçant à l'institution récemment fondée tout un programme, absolument nouveau alors, et qu'elle a rempli :
« Le règlement ae doit pas se borner à organiser les institutions indispensables à l'étude de la théorie générale de la musique; il faut aussi qu'il fournisse à la pra-
(1) Le Directoire, l'année suivante, noimna, sous le titre de Comminsuirc churtjé de iort/unisalion, un véritable directeur, qui resta à la tète du Conservatoire jusqu'à la Restauration. Ce lut Sarrette.
(2) M. Amljroise Thomas, de l'Institut, a trouvé le secret de raconter l'histoire de cet établissement (dans l'itris-dHide], sans dire un seul mot de sa fondation par la Convention. Il en fait honneur au baron de Breteuil. On a vu ce <|u'il en était.