S UNITÉ DES POIDS ET MESURES
vœux, déclarant qu'il avait confié le soin de cette réforme « à des personnages d'expérience et probité, de travail et labeur, desquels on espérait que les Français se ressentiraient en bref ». Deux siècles s'écoulèrent, et rien n'était fait, quand l'Assemljlée constituante chargea de ce travail l'Académie des sciences. De toutes les réformes nécessaires, il n'en était pas de plus urgente, chacun en convenait : la confusion était extrême entre les provinces, et les mêmes dénominations n'y représentaient aucunement les mêmes mesures. Rien que dans le département de la Seine, le mot arpent se prenait dans cinq acceptions différentes. A Paris, en outre, il y avait jusqu'à quarantecinq noms différents pour désigner les mesures et les poids. De là, bien des équivoques qui facilitaient les fraudes et nuisaient aux transactions commerciales. L'Académie des sciences se mit à l'œuvre avec une activité qui n'est guère dans les haljitudes des corps savants. Le 25 novemljre 1702, elle vint à !a Convention rendre compte de ses travaux et des difficultés qui en retardaient encore l'achèvement. Au milieu de détails arides, nécessaires à l'exposé d'opérations si délicates, se trouve l'expression touchante du sentiment qui animait alors la nation entière : c'est la conviction généreuse qu'elle travaille, non pour la France seulement, mais pour le monde.
« L'Académie espère, dit le rapport, que les premiers mois de 1T*J4 verront la fin de cette grande opération; il ne restera plus alors qu'à faire les étalons, qui seront envoyés aux différentes nations et peut-être aussi aux compagnies savantes de l'Europe, qui, par leur célébrité, peuvent le plus contribuer à en étendre l'usage. L'Académie s'estimera heureuse de pouvoir y contribuer par elle-même, et elle se félicitera toujours d'avoir concouru à l'exécution d'un projet glorieux pour la nation, utile à la société entière, et qui peut devenir pour tous les