‹ Le vandalisme révolutionnaireChapitre 64 sur 76 · LA PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE 2'J · texte numérisé non relu

LA PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE 2'J

tion, loin d'être trop peu lettrée, avait, au contraire, le défaut d'être une assemblée trop littéraire. Ce défaut s'explique par la composition même de cette législature, où sur sept cent quarante-neuf membres on ne comptait pas moins de deux cents hommes de loi, beaucoup de médecins, de savants, de gens de lettres, d'officiers dos armes savantes, et aussi, — chose curieuse que je n'ai vu noter nulle part, — une cinquantaine de membres qui avaient appartenu ou appartenaient encore à l'état ecclésiastique.

Je ne prétends pas, comme on le voit, que cette manie de s'en référer à l'antiquité, quand il s'agissait de droits essentiellement modernes, fût toujours parfaitement intelligente, et je n'approuve pas davantage cette habitude de reproduire dans le langage même les formes et les allures de l'antiquité classique. Chaque époque a son jargon, dont le ridicule ne devient sensible qu'à ceux qui en parlent un autre, tout aussi ridicule d'ailleurs , et qui ne tarde pas à s'user à son tour. La Révolution française parlait le langage classique, comme la Révolution d'Angleterre avait parlé celui de la Bible : ce qui ne les a pas empêchées, pourtant, l'une et l'autre, de faire des choses assez nouvelles, et qui ne se trouvaient ni dans l'antiquité classique, ni dans les livres saints.

Parmi les services essentiels rendus à l'intelligence humaine, et plus féconds en conséquences que l'antiquité ainsi travestie, il faut mettre en première ligne le droit solennellement reconnu aux écrivains, de s'approprier leurs conceptions. C'est la Convention qui, par un acte

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