‹ Le vandalisme révolutionnaireChapitre 69 sur 76 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

AHu de mettre quelque clarté dans cet exposé de travaux si divers et qui se prolongent à travers tant d'épouvantables complications, j'ai du m'interdire l'ordre chronologique. Il sera facile de le rétablir en peu de mots.

Cette rectification n'est pas inutile : elle importe à la justice. On a dit que toutes ces fondations glorieuses appartenaient à l'époque thermidorienne. Rien de moins exact que cette assertion. La lecture de ce qui précède a dû démontrer qu'à aucune des trois périodes de son histoire, — soit avant le 31 mai, -^ soit avant le 0 thermidor, -^ soit après, — la Convention n'a cessé de poursuivre la pensée de donner à la France cet ensemble d'enseignement populaire. Que les fondations soient plus nombreuses pendant la dernière période, c'était inévitable : elles n'ont pu être élaborées en un jour ; les fruits n'arinvent qu'en automne à leur complète maturité ; s'ensuit-il que les deux saisons précédentes n'y aient en rien contribué '?

De ces trois périodes, la seule qui pourrait souffrir de cette façon peu équitable de juger une époque par ses

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résultats immédiats, ce serait la première, la période i^irondiue. Nous avons constaté pourtant tout ce qu'il est dû do reconnaissance à Condorcct, à Lantlienas, à Ducos, à Daunou ; oublier leur initiative vigoureuse et dévouée serait une pitoyable ingratitude.

La seconde période, relie où domine la Montagne, est déjà féconde en glorieux résultats. Elle ouvre le musée national, elle constitue le Muséum d'histoire naturelle, fonde partout des biblioilièijues, jette les bases de l'école polytechnique ; elle fixe l'unité des poids et mesures, établit le premier télégraphe ; elle consacre la propriété littéraire; elle organise enfin et elle a la gloire immense d'inaugurer le vaste système de renseignement primaire : à défaut d'auti'es titres, ce dernier sulliraii.

Quant à la troisième époque, si confuse et si mêlée, elle recueille enfin le fruit de ces longs et infatigables travaux: elle y joint des fondations nouvelles, dont il ne faut pas mécoimaitre la grandeur. N'oublions pas d'ailleurs que pour cette œuvre de progrès, les ouvriers de la dernière heure avaient été aussi ceux de la première. Lakanal, Grégoire, Chénier, Daunou, demeurent lidèles à la cause de la Révolution menacée. De quelipie faijon qu'on juge leurs actes politiques, ce n'est pas du moins sur ces mémoires restées pures que peut s'inscrire le mot trahison. La réaction même à cette date n'ose pas attenter encore aux choses de l'intelligence. Sur ce point, la dernière heure de la Convention nationale couronne dignement le vrai grand ,su\ie, le siècle de Montesquieu, de Voltaire et de Rousseau.

Voilà ce que la Convention entreprit, au milieu des plus affreux déchiremeaits, des plus écrasantes difficultés, guerre à l'Europe et guerre civile, détresse financière, famine et défections. La pensée que la Renaissance et la Réforme avaient mise dans le monde, — l'instruction de tous, — va trouver onlin son accomplissement. En

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