NOR
Roudoule s'est approfondie est si étroile qu'à 80 m. du lit le chemin de Saint-Léger peut encore la franchir par un pont en dos d'âne. Nettement stratifés vers la base où ils se divisent en bancs épais de 0,30, les calcaires jurassiques sont ensuite plus compacts. Dans toute la région qui nous occupe, sauf sur quelques points surélevés du dôme de Barrot où travaillaient les Polypiers, ils sont d'un gris souris à la surface et d'un noir de fumée dans leurs cassures subconchoïdales; dans les plus petits débris que détache le marteau, on remarque des filonnets de calcite qui permettent le plus souvent de reconnaître les galets de cet étage.
Plus près de Puget-Théniers, la Roudoule s’encaisse dans une puissante série de calcaires très bien lités; ce sont ceux du Crétacé supérieur. Les plans de stratification, très rapprochés, s'accompagnent à la base du Turonien de minces délits marneux qui se réduisent ensuite de plus en plus pour réapparaître vers le haut du Sénonien. Ces assises semblent d’abord d'une extrême solidité ; elles correspondent à des falaises, à des gorges profondes de plusieurs centaines de mètres, à des roches ruiniformes comme celles que, du chemin de La Croix, on voit perchées en équilibre instable sur le Signal de Soumaure. Toutefois de grandes diaclases les divisent en énormes pans qui finissent par s'ébouler, et d'autre part les strates supérieures se laissent débiter en une multitude de parallélipipèdes. Cette désagrégation de la roche est si avancée sur les sommets sénoniens que certains d’entre eux, les Aiguilles de Pelens, sont restés vierges de toute ascension jusqu'en 1905 : le moindre choc, le passage d'une bande de chèvres suffisent à détacher des fragments de la muraille où l'on ne peut prendre de point d'appui solide 1.
A 1500 m. du confluent, le bas de la vallée semble borné par une muraille blanchâtre haute d'environ 5 m., dont le rebord abrupt se Lermine en dents de scie ? : c'est la corniche du calcaire nummultique restée en saillie sur la terminaison orientale
du synclinal de Puget-Théniers, On observe à sa base un calcaire
1. De Cessoe, 51 bis ; voir les phot. p. 212, 254, 258; et, p. 206, la note géologique de M. Léon BERTRAND.