‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 17 sur 61 · Photographie dans BEenTranp, 3, pl. VII · texte numérisé non relu

Photographie dans BEenTranp, 3, pl. VII

très compact, peu stratifié, blanchâtre à la surface 1, Les cassures fraiches le montrent d'un gris bleuâtre avec de nombreux grains de quartz. Plus haut, il se mélange d'une certaine quantité de marne. Mais dans l’ensemble, c'est l’une des roches les plus résistantes de la région. Incliné souvent à 60 ou 800 vers le grand axe des dépressions synclinales du Var moyen et de la Vaire, il dresse sur leur rebord ses escarpements presque verticaux, à peine entaillés d'un angle très aigu au passage des rivières. La route d'Entrevaux à Castellet-Saint-Cassien, où sa pente est beaucoup plus faible, zigzague sur d'immenses tables d'un calcaire luisant, fractionné parfois en dalles polies ; le peu d’argile noire qui se dépose entre elles est pénétré par les racines du buis, la seule végétation de ces solitudes rocheuses qui réfléchissent le soleil comme un miroir,

Le Tertiaire se termine dans notre région par des couches arénacées. Près de Puget, ces sables oligocènes, à peine cimentés, font cependant déjà saillie sur les marnes bleues. Mais c’est dans le bassin de la Vaïre, près de la localité classique d’Annot, qu'il faut examiner ces couches consolidées en grès très résistants. Issus de la désagrégation des roches cristallines du Mercantour, ces grès sont à peu près uniquement constitués, presque sans ciment, de grains de quartz très arrondis qui font reconnaître immédiatement leurs galets parmi les autres cailloux roulés. Mais les conditions de la sédimentation ont été très variables suivant la proximité du massif et la direction des courants et l’on rencontre, à côté de grès assez fins, des poudingues où les galets atteignent couramment un cmc. OÜn observe souvent la même décomposition par écailles, les mêmes formes arrondies que dans les grès de Fontainebleau ; de larges croupes supportent les sentiers muleliers d'Annot à Chabrières et Aurent. Pourtant, près du faîte de partage entre la Beïte et le Colomp, on voit vers l'Ouest les grès de la Chapelle Saint-Pierre dessiner une barre continue qui contraste par sa rigidité avec les downs crétacés de la Colle Saint-Michel. Le plus souvent, les couches supérieures de ces barres sont fractionnées par de pro-

1. Ailleurs cet étage débute par un poudingue de galets crétacés, indiquant l'arasement des reliefs post-sénoniens par la mer à Nummulites,

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fondes diaclases en cubes presque réguliers, aux arêtes vives, aux angles peu émoussés. Les uns restent empilés comme les « Peïro Longo » près d’Annot, qui semblent de gigantesques menhirs ; la plupart finissent par tomber, d'autant plus facilement que leurs assises reposent sur des marnes très délitables, celles à Serpula spirulæa. Aussi les vallées, comme celle de la Beïte, sont-elles parfois obstruées d’un amoncellement de blocs qui dépassent par leur énormité. les empilements de rocs de la forêt de Fontainebleau. Entre les Scaffarels et Annot, les pentes douces et bien cultivées des marnes éocènes sont jonchées de blocs dont quelques-uns ont 8 à 10 m. de long sur » de large et 8 de haut. Sous certains trop instables, on a dû édifier des murs de soutènement, tandis qu'à d’autres, restés plus d'aplomb, s'étayent des maisons.

Dans la vallée supérieure du Var, au Nord du parallèle qui correspond à l’axe prolongé du dôme de Barrot, le Tertiaire ne présente point la même succession. Ce « faciès septentrional » débute par une série assez faible de calcaires compacts d'age nummulitique, mais postérieurs à ceux que nous avons étudiés près de Puget-Théniers 1, Les marnes à Serpula spirulæa faisant complètement défaut, ils supportent directement les grès d’Annot qui, près du massif cristallin, dans la cuvette de Sanguinière par exemple, renferment en certains lits des galets de la grosseur du poing. Leur puissance atteint plusieurs centaines

de mètres.

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