‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 20 sur 61 · PE D · texte numérisé non relu

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de ces bancs calcaires séparés par des marnes ; ils jonchent de leurs fragments le versant assez aplati d’un vallon presque aussi nu et désolé que ceux des marnes noires : ici aussi, le reboisement s'impose.

La présence de lits marneux a facilité le creusement dans l'Infracrétacé et le Cénomanien. Dans le thalweg de la Roudoule, où leurs strates sont inclinées, on voit la rivière qui les attaque de biais suivre pendant quelques mètres les roches tendres, puis percer les assises dures en une suite de courts méandres. Les éperons qui séparent ces boucles sont ensuite recoupés, surtout lors des hautes eaux, et il ne reste plus finalement qu'un îlot condamné à disparaître. C’est par ce processus que, tout en approfondissant son lit, la rivière le débarrasse des vestiges de

son travail antérieur.

Depuis les schistes permiens jusqu'aux grès oligocènes, la série des étages géologiques présente une alternance à peu près régulière de roches dures et de roches tendres. D'autre part, sauf vers le centre des unités tectoniques de premier ordre, les strates sont toujours fortement inclinées et souvent même verticales; par suite, les assises se présentent sur leur minimum d'épaisseur. Aussi la périphérie des dômes et des cuvettes estelle ridée par une série très serrée de crêtes et de dépressions comme celle que l'on peut suivre sur la bordure méridionale du dôme de Barrot. De là une tendance, quand les rivières ont fixé leur cours selon la pente générale des couches, à l'établissement de vallées subséquentes perpendiculaires, parfois monoclinales.

Cette alternance de roches dures et tendres explique encore les immenses traînées d'éboulis dont la carte géologique ne peut indiquer qu’une partie : on conçoit que des blocs tombent sans cesse de ces falaises qui reposent sur des couches meubles. Il est souvent impossible de suivre le pied des escarpements qui marquent, par exemple, le contact du Tithonique et des marnes oxfordiennes ou du Turonien et du Cénomanien.

Les assises de cette région, excepté le Permien, les quartzites triasiques et les grès d'Annot, présentent à peu près toutes à

l'intérieur un gris plus ou moins sombre, à l'extérieur une patine ocreuse, Rien de plus monotone que ces teintes d'un jaune sale, ponctué de noir par les buis et les sarothamnes. La plupart des roches calcaires sont divisées en bancs épais de 1 à 3 dm. au plus, qui souvent alternent avec des argiles jaunâtres ; aussi, Jà même où les couches sont horizontales, les versants des vallées n'ont jamais la même pureté de formes que dans le calcaire grossier parisien ou l'oolithe du Jura. Aucune ligne ne guide le regard, aucune couleur ne l'attire, ne le repose. On regrette l'architecture soutenue et le blanc si pur, presque marmoréen, des calcaires de la Corniche.

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