BERTRAND, p
se
deviner la position de cette vallée conséquente. Les dômes de Barrot et du Mercantour laissent entre eux une dépression tectonique alignée NW-SE; au S des environs de Roubion, où l'empilement des plis périphériques créait une saillie, un synclinal assez large va de la Tête-du Pommier vers le Mont d'Ilonse 1. Il est possible qu'une rivière l'ait suivi, pour passer ensuite par la région déprimée entre le col de la Sinna et la chapelle de Saint-Pons, où l’on a établi sans peine un chemin de grande communication ; le vallon de Colétrai et le bas Cians représenteraient son cours inférieur. L'ensemble de son tracé eut reproduit la courbure du dôme, comme aujourd'hui celui des vallons de Villette et de la Grave. Ses affluents de droite seraient descendus du massif permien; parmi leurs tributaires, quelquesuns se seraient creusé des vallées subséquentes sur les flancs du dôme. Imaginons deux d'entre eux sur l'emplacement du Cians actuel, dirigés, le plus septentrional, du SW au NE, et le plus méridional, du NW au SE {c'est à peu près la direction de failles voisines). Pour les mêmes raisons que le Var de Guillaumes, ils purent creuser plus vite leur thalweg que la vallée maîtresse logée dans le synclinal; le plus méridional captura le plus septentrional parce qu'il confluait plus bas. Puis il fut capturé à son tour. Un affluent du vallon de Colétrai, reculant sa tête vers le NW, franchit les crêtes périphériques voisines du dôme, s’'annexa ou développa les vallées subséquentes établies dans les affleurements de roches tendres (vallons de Rigaud, de Cianavela, de la Grave). Puis il attaqua le massif permien ; là, il rencontra le cours d'eau qui s’y était formé et, son niveau de base étant plus bas, il le captura. Cette série de captures explique les multiples déviations qu'a subies le thalweg du Cians, et la symétrie de sa courbure, dans l'intérieur du dôme, avec celle du Var, La traversée du dôme, qui restait peu intelligible dans l'hypothèse de la capture simple, se comprend si on admet que le cours actuel y à été préparé par plusieurs vallées dont les plus élevées devinrent tributaires des plus basses. Tout conjectural que soit ce processus, il semble le seul qui rende compte de l’ensemble des faits observés.