PENGx, 28, p
2, Boue, 6, p. 287.
à 900 m. d'altitude. Les strates des marnes oxfordiennes-calloviennes ont été arasées à 15 m. au dessus du thalweg ; elles supportent un lit, épais d'environ 2 m., de galets dont plusieurs ont 0,60 de long. La plupart viennent des calcaires tithoniques ou des grès d'Annot. Large dé 20 à 40 m. le long du fleuve, cette terrasse est recouverte en partie par des éboulis, par ces gros blocs qui attestent le recul des escarpements tithoniques au dessus des marnes du Jurassique moyen.
Si l'on va de Châteauneuf à Cloudoyon, au confluent de la Barlatte, on voit, sur l'un des derniers lacets que décrit le chemin, de petits fragments anguleux de grès d'Annot, formés par la corrosion de la partie superficielle d'un dépôt alluvial où le Tithonique est encore mêlé à l'Oligocène. Cette terrasse, très restreinte, repose sur les calcaires sinémuriens, redressés à 40°, à 925 m. d'altitude, soit à 80 m. au dessus du Var actuel.
À 500 m. en amont et en aval de Guillaumes, puis au pont des Roberts, on découvre sur les talus de la route nationale une suite de terrasses qui, à 8 m. au-dessus du fleuve, présentent toutes la même constitution : de gros galets de calcaire et de grès remplissent les interstices laissés entre des blocs longs de 0m,80 à 1 m. Ce sont les mêmes matériaux et de même grosseur que dans la terrasse de Villeneuve, mais ils sont ici à 8 m. au lieu de 15 m. A l’époque où ils se sont déposés, le Var supérieur avait donc, entre Villeneuve et le pont des Roberts, une pente de 14,4 pour 1000, sensiblement supérieure à la pente actuelle {13,6).
Sur la rive droite du Tuébi, à 1 km. de Guillaumes, d'énormes éboulis contiennent des galets de grès d'Annot, le plus souvent grands de 0m,20 à 0,30. On en voit jusqu'à 40 ou 50 m. du thalweg, mais il est impossible de déterminer leur contact inférieur sur ces cargneules et ces gypses creusés d’entonnoirs et de ravins. C'est, sans doute, la même formation que l'on revoit en amont de Péone, sur la route du col de Crous, et sur laquelle sont bâtis les hameaux d’Allièse et de la Bastide. Les grès oligocènes y dominent encore, {tandis qu'on ne trouve que des roches calcaires, en fragments beaucoup plus menus, dans le lit actuel du Tuébi. Ces alluvions anciennes rappellent l'époque où la carapace tertiaire, aujourd'hui réduite à la Crête de Rognone
II. — La VALLÉE DU VAR VUE DE LA ROUTE DE VILLENEUVE A CHATEAUNEUF-D'ENTRAUNES. Au premier plan, les marnes noires jurassiques.