‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 38 sur 61 · BerTRAND, 5. p · texte numérisé non relu

BerTRAND, 5. p

ter

Il faut noter, toutefois, que le Cians coule à Beuil dans une vallée relativement encaissée; le thalweg est à 1350 m., tandis que le monticule sur le versant méridional duquel s’étagent les maisons de Beuil dépasse 1450 m. Or, le ravin qui passe au S du village débute à l'W par une large dépression en forme de fond de bateau; c'est seulement à 300 m. de distance du Cians qu'il se rétrécit pour descendre brusquement d’une cinquantaine de mètres. Au cirque qui le termine vers l’W s’adosse le rebord d'une autre dépression, très aplatie, dont le fond, plus élevé de 60 m., est couvert de prairies tourbeuses au bas des Launes 1; un ruisseau y naît, qui s'encaisse tout d'un coup pour se jeter dans le vallon de la Ciallandre. On est d'abord tenté d'expliquer par l’action glaciaire les particularités de ces vallées, dont le profil transversal offre la forme d'un U; le ressaut dans le profil longitudinal près du confluent proviendrait de ce que les vallées du Cians et de la Ciallandre auraient été creusées plus profondément par les glaciers que celles des affluents secondaires. Mais on ne comprend point qu'il ne soit resté aucune trace de moraines dans cette région, qui ne connaît pas le déblaiement torrentiel si actif dans le reste du bassin; la pente de la dépression des Launes est si faible que des moraines, si elles avaient existé, s'y seraient sûrement conservées.

L'encaissement des ravins à leur extrémité inférieure, l'existence de « gradins de confluence » peuvent s'expliquer autrement que par l'hypothèse glaciaire : par le mouvement négatif de la Méditerranée. Si la descente du niveau de base provoqua un surcreusement général des vallées, les affluents secondaires ne furent point toujours assez forts pour approfondir leurs thalwegs avec la même rapidité que les rivières importantes : de là la formation de vallées suspendues, dont le profil longitudinal présente une rupture de pente près du confluent,

Reste à rendre raison de ces formes de cirque qu'affecte l'extrémité de certains vallons. Au N des Launes, on rencontre de curieuses dépressions circulaires ou elliptiques, en amphithéâtre très régulier, avec un rebord assez élevé, Notamment, en allant

de la chapelle Sainte-Anne au mamelon de calcaires üthoniques

Page 1