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3. C’est encore par la forte proportion d'argile dans presque toutes les roches que s'explique l'énorme quantité de troubles tenus en suspension dans les eaux lorrentielles. Le Tuébi, après les orages, contient un vingtième de son volume de matières terrestres (cargneules triasiques), et paraîl noir comme de l'encre ; l'Aigue Blanche, son affluent, a parfois la couleur du mortier ; la Roudoule se leinle d'un rouge de sang quand les pluies entraînent les débris des schistes permiens ; le Var, dans son cours moyen, est d'un gris sombre en haules eaux. Beaucoup de cônes de dejection, très aplatis, ne renferment que peu de pierres par rapport à la masse limoneuse ; aussi les rivières principales les tronquent-elles facilemen.
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reçu d’autres chiffres que ceux des pluviomètresinstallés, de 1877 à 1879, à Châteauneuf-d'Entraunes et, de 1882 à 1886, à Annot ; ni ses Annales ni celles de l'Observatoire de Nice ne contiennent de renseignements sur les pluies et les neiges à la station du Mont Mounier 1: Or, les séries de Châteauneuf et d'Annot, beaucoup trop courtes et même incomplètes, ne peuvent que confirmer sans guère les préciser les remarques populaires : l'humidité de l'hiver, du printemps, et la sécheresse de l'été, de juillet à septembre. Cette sécheresse peut être interrompue par des orages qui, de plus en plus fréquents dans l’arrière-saison, amènent des pluies diluviennes et des chutes de grêle assez violentes pour déchausser les pierres et former l’un des agents d’érosion les plus puissants dans la vallée supérieure 2.
Sous l'influence des causes que nous avons signalées, le Var manifeste un régime neltement torrentiel. Ici encore les chiffres nous font défaut. La Mission pour l'étude des forces hydrauliques des Alpes 3 a bien établi neuf stations de jaugeage sur le Var et ses affluents en amont de la Mescla, mais leurs opérations, encore peu nombreuses, n’ont pu donner lieu qu'à des constatations d'un « caractère sommaire et essentiellement provisoire ».
C'est sous cette réserve que M. Tavernier communique les
1. Dans le B. Club Alpin, À. M., 25° et 269 année, p. 228, on trouve quelques observations pour le Mont Mounier en 1904 el 1905 ; entre autres, le nombre de jours de pluie, deneige et d'orages ; mais le produit des précipitations n'est pas indiqué.
2, Ces pluies d'orages rendent très variable d'une année à l’autre le total des précipitations pour un même mois. Au pluviomètre d’Annot, on a constaté en :
JUIN OCTOBBE 1882 0 mn, 346 mm.
1883 JGRERS 20WR2: