CHE IGNEE 1885 PARTIES STARS
3. Sur l’organisation de cette mission, voir Service d'Études des grandes forces hydrauliques dans la région des Alpes. Compte-rendu des travaux exécutés à la fin de l'année 1903 par MM. R. Tavernier el R. DE La Brosse (Ministère de l'Agriculture. Annales. Direction de l'hydraulique et des améliorations agricoles, fase. 30, 1904, p. 198). — La Mission s'est concertée avec la Commission départementale météorologique des Alpes-Maritimes pour assurer l'installation de pluviomètres dans le bassin supérieur, à Entraunes, Guillaumes et Puget-Théniers. Nous remercions MM. Tavernier et Lévy-Salvador qui ont bien voulu nous communiquer les résultats inédits de la campagne 1904-1905.
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résultats des quatre jaugeages effectués à Entrevaux en 1904- 1905. Le débit moyen du Var fut évalué à 12 me., 432, soit 18 1., 40 par kmq. du bassin ; le minimum fut de 2 me., etle maximum de 50mc.,7701., Cet écart accuse l'irrégularité du régime, irrégularité qui a rendu si malaisée l'installation d'usines électriques sur le Var, à la Mescla, comme surses tributaires, la Roudoule à Puget- Théniers et la Vaïre à Annot 2. En saison sèche, à Guillaumes comme au bas de Castellet et de Touët-de-Beuil, le lit du Var est presque tout entier occupé par les monceaux de galets, par la boue qui provient de leur décomposition et de celle des marnes noires. Le courant diverge en plusieurs bras que, même en aval de Touët, un homme franchit sans peine. Une partie de l'eau s'infiltre et coule à quelques mètres de profondeur au-dessous de la plaine de cailloux qui, parfois, s’affaisse et disparaît comme dans un gouffre. Sauf lors de ces effondrements, cette masse de débris reste presque immobile dans l'intervalle des crues qui la remanient et la transportent en aval. Elles se produisent chaque année à la fonte des neiges, et les pluies du printemps soutiennent longtemps leur niveau, Mais elles sont moins redoutables à celte saison qu'à l'automne, où les averses d'orage gonflent brusquement le fleuve et le font déborder sans qu'on ait eu le temps de prévenir leurs ravages. Le 7 novembre 1906, après quarante heures d’une forte pluie, le Var affouilla la base de la digue qui protège en amont les colmatages de Puget-Théniers; 1l submergea la place de la ville où il arriva au premier étage de certaines maisons ; quatre ponts métalliques furent emportés par les flots qui détruisirent sur plusieurs points la voie ferrée. Et le Var
1. D'après une évaluation faile jadis par le Service des Ponts-et-Chaussées, le Var roulerait, en lemps de crue, jusqu'à 1500 me. au pont de Gueydan, 2400 à la Mescla el 5000 à l'embouchure (N&TrINGER, 64, p. 380 n. 1). Ce ne sont là que de simples estimations, failes sans instruments et très contestables. Les mesures de précision opérées sous la direction de M. Tavernier dans le bassin de la Durance ont « accusé des débits très sensiblement inférieurs aux débils accrédités jusqu'ici »; la Durance, à Embrun, n'a qu'un débit moyen de 32 me., 245 au lieu de 45, comme l'admebllail la slalistique provisoire dressée en 1900 ; le Guil, à Montdauphin, ne roule que 6 me., 625 au lieu de 195. Il faudra sans doute apporter des corrections analogues aux chiffres donnés jusqu'ici pour le Var.
2. Sur les usines hydro-électriques du bassin du Var, cf. BipauLr pes CHAuUMES, 69, p. 379, 300,
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n'est pas seul à menacer Puget-Théniers. Si insignifiante qu'elle paraisse en étiage, la Roudoule constitue un danger permanent. Ses apports, retenus jadis par un pont trop étroit, non entraînés par le fleuve dont le lit s'exhausse en ce point, se sont accumulés jusqu'à un niveau à peine inférieur d'un mètre à celui de la ville basse 1. Maintes fois ses crues soudaines l'ont submergée et renversée en partie, Si l'on ne veut répéter à ses habitants le conseil que leur donnait déjà à la fin du xvne siècle l'historien Gioffredo, ? si l'on ne veut les réduire à quitter leur ville pour se réfugier sur une hauteur plus sûre, il faudra se résoudre à doter le Service des Eaux et Forêts des centaines de milliers de francs nécessaires pour reboiser les affleurements cénomaniens et infracrétacés du vallon de Mairola 3. Si les travaux ne sont pas poursuivis avec la plus grande célérité et suivant un plan d'ensemble, il n'est nul moyen d'éviter le sinistre que provoquera fatalement l'irrégularité du régime du Var et de la Roudoule.
Il n’est guère de pentes qui échappent au ravinement torrentiel dans le bassin supérieur du fleuve, sauf dans les régions relativement boisées de Saint-Martin-d'Entraunes, de Beuil et d’Annot. C'est presque partout que les eaux sauvages entraînent la terre végétale, désagrègent la roche mise à nu et consomment la ruine de la montagne. La formule de M. Haug : « géologique- « ment parlant, l'époque n'est pas éloignée où nos chaînes « subalpines seront presque entièrement nivelées » 4 vaut pour les massifs voisins de Guillaumes, de Sausses, de Puget-Théniers comme pour ceux qui s’alignent de Gap à Digne. Les ravages des
1. Lors de la construction du pont actuel de la Roudoule, on a rencontré le sommet des piles d’un ancien pont en dos d'âne qui avait élé recouvert par les alluvions de la Roudoule. En octobre 1525, à la suite d'une inondation de la Roudoule qui emporta le pont et détruisit une grande partie des bas quartiers, le sol fut exhaussé au point qu'on dut convertir en un rez-de-chaussée le premier étage de la demeure du juge-mage. (DuranTs, 53, p. 277).
2. « Roddola... avendo più volte con le sue subite ed impeluosissime escrescenze quasi atterrata e sepolla buona parte d’esso Pogetto, minaccia di far di peggio, quando gli abitatori non si risolvano di ridursi in luogo più eminente e più sicuro ». (Giorrreno, 57, col. 39). ,
3. Le Service du Reboisement évalue à 600 000 fr. environ les frais de reboisement qui assureraient la sécurité de Pugel-Théniers. On à dépensé jusqu'ici (juin 1908) 6198 fr. sur la commune de La Croix el environ 6000 fr. sur celle de Puget-Rostang (versant de la Roudoule).