‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 48 sur 61 · Boucue, 47,1, p. 279; — FÉRAUD, b4, p · texte numérisé non relu

Boucue, 47,1, p. 279; — FÉRAUD, b4, p

2. ARNAUD, 33, p. 5. — De même,les ruines romaines que l’on rencontre en amont de Millau, au niveau des inondations du Tarn, prouvent un changement de régime du fleuve, sans doute par suite du déboisement.

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Vibaudan sur la bordure des Maures 1? Sauf peut-être sur quelques affleurements d'argile magnésienne,le Chêne Rouvre devait couvrir les pentes qui dominent le Var et ses affluents entre 700 et 1200 m.; 1l croît spontanément à cette hauteur, comme, plus haut, le Hêtre et le Pin silvestre. On ne rencontre guère avant 1300 m. le Sapin, seul ou plus souvent joint à l'Épicea. Dans la région alpine, au-dessus de 1800 m.,on ne voit plus que le Mélèze, le Pin à Crochet et le Pin Cembro: ils s'élèvent jusqu'à 2200 m. environ 2,

La disparition de ces forêts n’est peut-être point, toujours et partout, uniquement le fait de l’homme. M. Arnaud a indiqué, pour la vallée de l'Ubaye, les causes qui peuvent empêcher une forêt de se repeupler sur sa bordure, sa lisière supérieure. Les graines du Mélèze et du Pin glissent souvent sur la neige où elles sont dévorées par les animaux ; les jeunes plants sont exposés à être brisés par la descente des blocs neigeux ; les avalanches ouvrent des couloirs par où passeront les eaux de ruissellement. Il peut ainsi se creuser, sur la lisière dévastée, des ravins à une altitude et sur des pentes où il n’est guère probable que l'homme ait jamais porté la hache 3. D'autres actions encore pourraient expliquer ces reculs locaux de la végétation arborescente : la désagrégation du sol et le déchaussement des racines par les terribles pluies d'orage, par la chute des grèles de l'été ; les éboulements de blocs comme ceux qui, tombés de la falaise tithonique, au Sud de Saint-Martin-d'Entraunes, ont écrasé les bois des Marnes noires.

L'homme reste cependant le grand coupable. L'excuse de cette « Raubwirtschaft », de ce vandalisme dont nos générations portent la peine, c'est peut-être la misère de populations jadis trop tassées sur un sol peu fertile, obligées pour vivre d'épuiser la nature sans souci de l'avenir, Ainsi l'évolution du régime torren-

tel s'éclairerait par l'histoire du peuplement.

1. Les collines les plus sèches et les rocs les plus stériles de la Basse Provence ont été boisés. A l'arrivée des Romains, les coteaux de Saint- Victor et de la Garde, à Marseille, étaient encore couverts de futaies. Des textes des xv° et xvit siècles prouvent l'existence de forèls dans les environs d'Aix à cette époque (De Ripper, 41, p. 24-28),

2. Sur la végétation arborescente du comté de Nice, voir Guior, 40, p.108.

3, ARNAUD, 33, p. 22,

Nous ne savons rien, malheureusement, sur les habitants du Paqus Glannadensis 1 aux premiers siècles de l'ère chrétienne, ni sur la part qu’ils prirent au brillant développement de la civilisation romaine dans la province des Alpes-Maritimes. Toutefois, Florus nous dit que, lors de la réduction des montagnards ligures sous Auguste, leurs forêls furent en partie incendiées 2. Après les ravages des envahisseurs germains, puis des Sarrasins du vins au x° siècle, les Templiers vinrent se fixer dans cette région, vers 1135, pour la défendre contre les pirates, Ce serait de leur établissement, semble-t-il, que daterait la colonisation du haut pays; de nombreux villages s’y formèrent dont les églises sont parfois décorées de leurs insignes 3, Ajoutons que la vallée supérieure du Var, malgré les difficultés d'accès de la Cayolle, était une région de passage. Les comtes de Provence surveillaient avec soin cette route qui conduisait de Nice à Barcelonnette, Grenoble et Lyon; «elle avait servi à peupler des villages qui, disait Foderé en 1821, tombent en ruine depuis qu’elle a été négligée » 4. C'est ainsi que Guillaumes fut fondé ou réédifié par un des souverains de la Provence. Attirés sur le passage des marchands, ou plus généralement, appelés comme « hôtes » par les seigneurs et les abbayes, les colons se multiplièrent dans la montagne. Foderé, qui a visité, sous le premier Empire, toutes ces paroisses, y a trouvé, en consultant leurs archives, la preuve que presque toutes avaient jadis été beaucoup plus peuplées. Villars n'avait plus que 570 habitants au lieu de 800 en 1760 et 1200 en 1500; Beuil était tombé de 210 feux en 1740 à 160 seule-

1. D'après l'Atlas historique de la France de Lon@non (pl. X), ce Pagus comprenait les bassins du Var supérieur et de l'Estéron.

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