‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 49 sur 61 · FLorus, II · texte numérisé non relu

FLorus, II

3. Roux rapporte aux Templiers la fondation des églises d'Entraunes, Saint-Martin, Puget-Théniers, de fermes à La Croix, Puget-Rostand, Villars, Tournefort (67, 1, p. 481 el suiv.). Dans la région d'Annot, on attribue aux Templiers de la commanderie de Fugeret le défrichement de ce pays jadis couvert de sapins et de pins (FÉRAUD, 54, p. 505).— Signalons encore l’activité colonisatrice des abbayes de Lérins, de Saint-Pons, près de Nice, de ces puissants barons de Beuil qui possédaient tout le bassin du Cians et la vallée du Var, de Touëtà Villars : Thiéry fut fondé par l’un d'eux au xr' siècle (Roux, 67, p. 514; — Bosro, 46, p. 67).

4. Foneré, 55, I, p. 161. Cet abandon doit daler du traité de 1760 qui sépara la vallée de Barcelonnette du comté de Nice.On voyait encore, au début du xix° siècle, de nombreuses ruines de boutiques et d’auberges dans les villages le long de la route de la Cayolle (Foperé, II, p. 151).

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ment; à Guillaumes, il y avait au xvie siècle 1800 habitants, contre 1100 au début du xixe siècle 1, Ces chiffres indiquent une densité surprenante dans une contrée trop escarpée pour que les terres cultivables aient jamais pu être bien étendues. Ils semblent prouver, qu'à l'aurore des temps modernes, elle a été surpeuplée. D'anciens usages confirment cette hypothèse. Toutes les paroisses du haut pays étaient abandonnées l'hiver par les hommes qui s'employaient sur la côte à la cueillette des olives, à la garde des troupeaux, comme domestiques ou journaliers, Dans la vallée d'Entraunes et dans celle de la Tinée, pour ne pas diviser les héritages déjà trop menus, les parents décidaient leurs fils à les laisser tout entiers à l'un d'eux, et les autres entraient dans les ordres ou travaillaient, sans se marier, au service de l'élu.

Les populations des montagnes, forcées parleur accroissement de demander toujours davantage à une nature avare, furent amenées à une exploitation du sol extensive, épuisante, qui ruina les forêts. Quand toutes les terres des vallées furent aménagées, il fallut en conquérir de nouvelles sur les flancs des montagnes, y créer de nouveaux pâlurages. On incendia les forêts pour semer quelques poignées d'orge et de seigle : ce fut l'écobuage, avec tous les inconvénients de ce mode de défrichement barbare. L'humus et les cendres étaient entraînés par les pluies: leurs principes fertilisants suffisaient à peine à deux ou trois récoltes ; il fallait ensuite porter plus loin la hache et abandonner le champ vite dépouillé, par les eaux de ruissellement, de sa mince pellicule de terre végétale. Ce qui restait des forêts, soumises au régime des biens communaux, était livré aux paysans, sous quelques réserves, pour leur chauffage, les réparations de leurs demeures. Or, ici comme dans toutes les parties des Alpes où les maisons, resserrées l’une contre l’autre, sont construites et couvertes en bois 2?

des villages étaient anéantis en totalité par les incendies, et, pour

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