‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 5 sur 61 · BERTRAND, 3, p · texte numérisé non relu

BERTRAND, 3, p

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avaient commencé le travail qui les amènera peu à peu à suivre les lignes du réseau actuel,

Mais pendant que ce travail se poursuit, l'écorce terrestre ne reste pas immobile. Non seulement les sédiments miocènes ont été soulevés et forment aujourd'hui tout un avant-pays, fertile et peuplé, au Sud de la crête rigide du Cheiron ; mais les galets pliocènes se trouvent maintenant jusqu'à près de 550 m. à Levens, au confluent du Var et de la Vésubie 1. Le long du littoral niçois, il existe une série de dépôts de plage quaternaires surélevés jusqu'à environ 50 et 60 m. au-dessus du niveau de la mer ?. Au Trayas, le général de Lamothe a signalé à 53 m. de hauteur un cordon littoral constitué par des galets de porphyre très arrondis, sans aucun de ces éléments anguleux que transportent les torrents de l'Esterel 3. A une époque géologique récente, il y eut sur cette partie du littoral méditerranéen des mouvements du sol qui ont modifié le niveau relatif des terres et des mers. Ces modifications sont l'objet, depuis quelques années, de nombreuses recherches qui ont provoqué toute une controverse. Nous n'avons point à prendre parti dans le débat. Peu nous importe que le mouvement négatif ait été continu ou ait comporté des oscillations en sens inverse; peu nous importe aussi en ce moment qu'il faille en marquer les étapes selon les séries de paliers que MM. Boule, Depéret et de Lamothe ont voulu discerner. Si l'on peut différer d'avis sur les détails, le phénomène, dans sa généralité, est hors de doute. Depuis l'établissement du réseau hydrographique, le niveau de base s'est abaissé d'au moins 550 m. Par suite, la courbe du profil d'équilibre s'est trouvée trop tendue ; l'érosion fut activée, les cours d'eau ont approfondi leur lit et attaqué de plus en plus les sommets. Il nous est difficile de suivre les phases de ce recreusement, puisque nos terrasses quaternaires les plus élevées ne sont qu'à 210 m. au-dessus du thalweg ; mais nous saisissons ici une des raisons du caractère torrenliel des rivières et de l'aspect dénudé

des montagnes,

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