‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 6 sur 61 · BenTRaND, 4, p · texte numérisé non relu

BenTRaND, 4, p

2. BenrRAND, 4, p. 696 el 724 ; Depéner, 10, p. 1042; Bou, 6, p. 274. 3, De LamoTue, 21, p, 21.

Le mouvement négatif que nous constatons dans le bassin du Var semble avoir affecté une grande partie du littoral méditerranéen. Par son étendue, il ferait conclure à un affaissement des fonds sous-marins. Mais cet abaissement du niveau de la mer, « qui est sur le bord de la Méditerranée un phénomène général et incontestable » 1, se complique vers Nice d'un soulèvement du littoral, Nulle part, en ellet, on n'a trouvé de terrasses anté-pleistocènes à l'altitude des poudingues de Levens. S'ils ont été portés Jusqu'à 550 m., ce ne peut être que par un relèvement du sol. Peut-être l'effort orogénique qui a formé les Alpes, après avoir donné son maximum au Miocène, s'appliquet-il encore à ces régions où les tremblements de terre ne sont “pas rares; peut-être n'a-t-il échappé à l'attention dans les autres parties de la chaîne que par l'absence de sédiments marins récents, analogues à ceux qui ont émergé sur la côte niçoise. — Ce relèvement n'a pas sans doute été uniforme; vraisemblablement il s'est accompagné de gauchissements de l'écorce terrestre qui ont modifié la structure miocène. Au lieu de se poursuivre sur une surface stable, l'érosion a dû s'adapter à une tectonique variable, à des bossellements, des plissements nouveaux qui compliquaient son œuvre. Où et dans quelle mesure ? c'est ce que nous ne pouvons préciser, parce que les dépôts marins pliocènes et pleistocènes font défaut dans l'intérieur du massif. Il est toutefois probable, d'après ce qu'on sait de la continuité des phénomènes orogéniques, que les mouvements récents ont simplement renforcé les traits essentiels du dessin antérieur. Peutêtre certains plis déjà franchis par les rivières se sont-ils accentués tandis que les cours d’eau approfondissaient leur thalweg au fur et à mesure, Suivant une comparaison classique, c'est la scie restant immobile et traçant sa rainure dans une poutre qui s'élève. On rendrait compte ainsi de la direction et de la profondeur des cluses qui traversent de part en part des anticlinaux ou des dômes. Mais ici nous sommes réduit aux hypothèses.

Sachant que le mouvement négatif a atteint au moins 550 m. d'amplitude, on a essayé de dessiner le rivage pliocène d'après

1, Dourrus, observation sur la note de DE LAMoTHE, p. 41.

note

les courbes hypsométriques de 550 ou de 600 m. 1, On trouve alors que la dernière mer tertiaire entrait en golfes étroits dans la vallée du Var jusqu'au pont de Gueydan, dans celle de Ja Tinée jusqu'à Saint-Sauveur et dans celle de la Vésubie jusqu'à Lantosque. C'est oublier que les fleuves ont travaillé depuis cette époque et que les parties situées au-dessous de ces courbes de niveau ont pu être excavées récemment.

Mais, vers le point où confluent tous les grands tributaires du Var, existent des dépôts qui nous permettent d'esquisser grossièrement en cette région le tracé de l’ancien littoral. A Saint- Martin, au-dessus des argiles bleues plaisanciennes, de faune marine, on voit des galets, moins gros de moitié que les cailloux roulés actuellement par le fleuve. Ils sont disposés en lits inchnés de 15 à 20° entre des lits de sable ou des lentilles de glaise. Cimentée en poudingues, leur masse est sillonnée par des ravins encaissés, dont les parois abruptes et ébouleuses sont couvertes d'épais buissons. Mais si on les observe d'un des villages perchés sur les collines jurassiques voisines, on voit leur ensemble s'abaisser doucement vers le Sud, jusqu'à l'altitude de 180 m. où la pente devient plus rapide et se rapproche de celle des strates. La forte inclinaison des assises de galets jointe à leur régularité révèle leur mode de dépôt : ce sont des alluvions abandonnées dans les eaux calmes d'un golfe par des rivières torrentielles 2. Une baie très allongée, analogue au « fjord du Rhône », s'insinuait dans une dépression tectonique jusqu'à plus de 24 km. du rivage actuel 8. L'Estéron venait s'y jeter vers ce point où s’élargit aujourd'hui le lit majeur du Var. Dans le voisinage se trouvait le della de la Vésubie dont une suite de

témoins jalonnent l'ancien lit. Ces témoins nous manquent pour

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