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4. En Provence, une jurisprudence établie de longue date voulait que les travaux de défense contre un torrent fussent payés par la communauté en raison du revenu des propriétaires intéressés (De R1i88E, p. 91, n. 1). Dans le comté de Nice, les titres de plusieurs communes contiennent d'anciens réglements qui prohibaient les défrichements, prescrivaient l'entretien par corvée des canaux d'irrigation, ce qui diminuait l’impétuosité des torrents (Foperé, I, p. 219).
heurter à trop d'intérêts égoïstes et puissants pour que le pouvoir central ne comprit point la nécessité d’une réglementation générale. Elle s'imposa, dès 1606, dans les vigueries provençales de cette région 1. La jurisprudence du Parlement d'Aix interdisait, aux xvue et xvin® siècles, de commencer une coupe sans la permission de la Chambre des Eaux et Forêts, d’arracher les arbrisseaux, le buis, le romarin, etc.; de défricher les terres en pente, boisées ou non, surtout sur le bord des rivières ; elle obligeait à replanter les cantons qui avaient été déboisés. En 1686, les chèvres furent proscrites de tous les taillis et des futaies de Sapins, de Mélèzes et de Chênes blancs; si cette interdiction dut être limitée devant la crainte d’un soulèvement des montagnards, des experts fixèrent en 1731 des quartiers où devaient être cantonnées les chèvres 2. La législation du territoire savoyard était plus tolérante, plus soucieuse de ménager les intérêts locaux. L'édit du 14 avril 1750 défendait pourtant d'écobuer, de couper le bois, de défricher les terres en pente 3.
Combien ces règlements rencontraient de difficultés dans leur application, c'est ce que montrent leur renouvellement périodique, l'institution fréquente d'enquêtes, la gravité des peines. La résistance des populations se comprend. Ces confins de la France et de l'Italie furent continuellement dévastés dans les guerres du xvre et du xvinr® siècle, où les armées incendiaient les forêts 4, Appauvris par ces passages de troupes qui saccageaient leurs récoltes, les paysans étaient forcés de lâcher leurs avérages, leur seule ressource, dans ce qui restait des bois. D'autre part, le xvin® siècle fut signalé par des hivers terribles ; les oliviers périrent 5 ou 6 fois de 1709 à 1789 ; l'année 1768 amena une ruine totale et l'on arracha les plants qui avaient survécu pour labourer les oliveraies 5, L'extension des cultures était encore
amenée par la crainte des famines, par le prix des céréales qui
1. On sait que,lorsqu'en 1388 le comté de Nice se fut donné à la Savoie, le comte de Provence conserva le bassin de la Vaïre-Colomp et la vallée du Var d'Entrevaux à Guillaumes.