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semble avoir élé toujours très élevé dans la région méditerranéenne Î,
Cette destruction des oliveraies, et surtout des forêts, précipita le rétablissement du régime torrentiel. Les plaintes furent constantes, au xvi° siècle, en Provence ; pourtant cette province souffrait moins des guerres que le comté de Nice. Les suppliques de la paroisse de Saint-Laurent-du-Var, à l'embouchure du fleuve, prouvent à quel point le mal était général dans tout le bassin. Un rapport constatait, en 1718, que « les eaux du Var deviennent de plus en plus abondantes », c'est-à-dire, sans doute, que les crues étaient de plus en plus terribles. Déjà, en 1708, elles avaient emporté une partie du terroir. Les défrichements continuant, le désastre se répéta en 1761, puis en 1762, où une partie des habitants fut forcée d’émigrer, puis en 1765; les maisons furent alors à demi détruites et la moitié des champs durent être abandonnés 2.
Si la sage législation de l'Ancien Régime ne put toujours arrêter les progrès du déboisement, encore les limitait-elle; dans les États sardes, la surveillance semble avoir été assez active après l’édit de 1750 3, Or, elle cessa complètement avec la Révolution. Les syndics municipaux furent impuissants à faire respecter les règles anciennes. Bien plus, elles se trouvaient contraires aux principes juridiques établis par la Constituante qui, supprimant les limitations apportées au droit de propriété dans l'intérêt général, permit à tout citoyen de varier à son gré la culture et l'exploitation de ses terres (loi du 6 octobre 1791). C'était laisser pleine liberté aux particuliers de défricher leurs bois et leurs terres en pente. La situation fut aggravée par les
1. Un commissaire de la marine, CnasertT-Dersce, écrivait en 1723 : « On ne peut pour ainsi dire point donner le nom de forêts aux bois de Provence, mais seulement de bouquets, ayant tous été détruits par le défrichement qu'ont fait les habitants pour semer ces terres dont ils tirent des blés qui sont communément chers dans cette province ; il n'y resle donc que quelques revers de montagnes, que l'on n’a pu cultiver à cause des rochers, ou quelques arbres épars dans les lerres cultivées des habitants »; les coupes faites pour les galères, les charbonniers, les verreries avaient fait disparaître les plus beaux arbres ; le bois de construction commençait à manquer et celui à brûler était très cher (Mémoire sur les bois de Provence, Arch. Nat., G3 19).