‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 7 sur 61 · De CHAMBRUN, 7, p · texte numérisé non relu

De CHAMBRUN, 7, p

2. Sur le della pliocène du Var, voir De CHAMBRuN, 7, p. 42 ; 8, p. 6; 9, p. 799 : BERTRAND, 5, p. 703, 707 et 721.

3. Cet hialus se trouve entre la limite des chevauchements alpins voisins de Vence et la bordure des Maures d'une part, el de l’autre le faisceau de la Vésubie inférieure qui, à Nice, dévie vers l'Est. On le voit mème se continuer en mer, bien qu'à demi comblé par le della du Var : une profonde dépression, assez étroite, s'allonge devant Cagnes. La courbe bathymétrique de 1000 m. n'est qu'à 7 km. de la côte; nulle part elle ne s'avance si près du littoral sur les rivages septentrionaux de la Méditerranée Occidentale, sauf près de Capri, .

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fixer le cours pliocène du Var et de la Tinée. De leur absence en un pays si érodé, on ne peut conclure que le golfe ne se prolongeait pas au Nord de Levens, non plus que du resserrement de la courbe de 550 m. en amont du confluent de la Vésubie. Le relèvement s'accentuant du S au N peut avoir porté audessus de cette altitude des terrasses aujourd'hui disparues. Il se peut que les deux rivières aient conflué très près de la mer, dans une plaine littorale où leurs eaux auraient serpenté; ainsi s'exphiqueraient les méandres du Var près de Malaussène et surtout cette boucle qui s'est tracée, dela Mescla à la gare de la Tinée, juste sur l'emplacement d'un bombement anticlinal, Mais nous verrons quil ne reste dans la topographie aucune trace de celte plate-forme hypothétique. En effet, par suite du mouvement négalif, toutes ces rivières se sont encaissées peu en amont de leur confluent actuel et leurs versants furent attaqués à nouveau par une érosion très active qui les découpa en une multitude de crêtes aigues. Au fur et à mesure que leurs dépôts se soulevaient, elles durent s'v creuser un lit moins large et plus profond, puis l'entailler dans la roche vive. De là ces gorges que la Vésubie traverse dès Saint-Jean-la-Rivière, la Tinée après le pont de Clans, le Var en aval de la halte de Malaussène. Ces « cluses » 1 cffroyables séparent complètement le bon pays, où les mas se dispersent parmi les vignes et les oliviers, des maigres terres et

des tristes aspects des vallées supérieures.

1. Et non Chiouse, comme porte la carte d'Élat-Major (Chiouse Negra, sur la linée, près de la Mescla). C'est un motilalien complèlement inconnu dans le pays, où l’on n'emploie que les mots clua où clusa (Devozruy, 70, p. 38). Les officiers topographes ont souvent par lrop rapproché les mols du dialecte niçois des graphies italiennes.

GHAPITRE TI

L’Architecture du Sol

Si on examine la carte géologique au millionième, on voit que les bassins supérieurs du Var et du Verdon occupent la concavité de courbes concentriques décrites autour de Castellane par les plus extérieurs des chaînons alpins. Arrivé au pont de Gueydan, le Var longe en se dirigeant vers l'Est leur rebord septentrional qui le domine près du confluent de l'Estéron. D'autre part le Verdon, après un cours NS, s'échappe vers l'W en les franchissant, à l'aval de Castellane, par de profondes cluses récemment encore inexplorées 1. Il y a une certaine symétrie dans le dessin de ces deux réseaux hydrographiques qui semblent comme adossés. Les plis qui les séparent de la haute Durance vont du N au S aux environs de Digne, mais, après la coupure de l’Asse, ils s'infléchissent vers l'E, prennent la direction du SE aux abords de Castellane, puis celle de l'E et conservent cette orientation jusqu'au delta pliocène du Var. Ce tracé leur a été imposé par la présence du dôme du Mercantour et du massif ancien formé par les Maures et l'Esterel., — Il suffit maintenant d'un coup d'œil sur la carte à 1 : 200 000 pour constater combien les montagnes dont l'ossature est constituée par ces plis, particulièrement dans leurs cours EW, diffèrent de celles qui sont siluées au N du Var moyen, du pont de Gueydan à la Mescla. Les riches plaines de Grasse et de Vence ont leur horizon brusquement borné vers le N par une falaise, haute de 900 m. au moins, où s'arrête la limite des « chevauchements alpins » sur l’avant-pays miocène 2; au-delà commencent les « plans », plateaux calcaires dont quelques-uns rappellent les Causses par leurs aspects et même par leur nom (Commune de

1. Manrez, 24, p. 605 ; — photographies dans 25, p. 241. 2, Bunrranp, 4, p. 604,

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Caussols) 1, Puis, après de nouveaux chevauchements qui ont renversé le Jurassique sur le Crétacé, débute la région que M. Zürcher a appelée la « zone des barres » 2. Le nom de « barre » est donné en Provence à des crêtes formées par des couches résistantes et séparées par des vallées profondes mais bien ouvertes. Leur continuité, leur régularité sont manifestes sur la carte topographique, où l'on voit la barre du Cheiron, accusée par les forêts de son versant septentrional, se prolonger sur 40 km. depuis le Jabron, tributaire du Verdon, jusqu'aux abords de Gilette, près du confluent de l'Estéron et du Var. Puis vient une troisième zône, celle que M. Zürcher a dénommée la « zône des grands massifs ». Or, bien que la carte à 1 : 200 000 ait un peu schématisé leur représentalion et n'ait pas absolument évité les « chenilles », elle nous révèle cette région comme toute différente de la précédente par son relief chaotique. Sauf entre l'Estéron et le Var, les courbes de niveau ne circonscrivent plus des ellipses très effilées comme dansla zône des barres ; elles se ferment au Nord du Var moyen autour de massifs que ne paraît relier aucune ligne directrice et qui « semblent constituer des paquets indépendants » 3 ; l'une après l'autre, elles coupent les thalwegs de rivières dont le réseau n’est plus, comme celui des rivières plus méridionales, composé presque exclusivement de tronçons EW et de tronçons NS, de combes et de cluses. La confusion apparente de l'orographie suffirait à nous indiquer la présence, au lieu de longues bandes d'assises résistantes alternant avec d’autres plus tendres, d'une variété plus riche d'affleurements disposés selon des lois différentes. Et, en effet, la carte géologique ne figure plus des plis de calcaires jurassiques uniformément renversés vers le S sur le Crétacé; mais elle juxtapose en laches elliptiques les notations des terrains anciens et des terrains secondaires ou tertiaires qui correspondent, les uns à des dômes, les autres à des cuvettes synclinales.

La prédominance de ces dômes et de ces cuvettes sur les plis longitudinaux, à l'intérieur des chaînons alpins concentriques,

. MADER, 59, p. 120.

. ZürCHBR, 32, p. 310.

. BARRE, 1, p. 215.

TS révèle une nouvelle structure tectonique dont M. Léon Bertrand a signalé l'originalité 1. L'architecture du sol présente 1ci moins des plissements que des bossellements., Elle est formée de régions assez étendues qui, dans leur ensemble, se comportent soit comme des anticlinaux, soit comme des synclinaux. Ces « aires anticlinales » et ces « aires synclinales » sont les unités tectoniques de premier ordre. Naturellement elles se compliquent de plis qui, ordinairement disposés en faisceaux, sillonnent leurs versants ; c'est souvent par un déversement de ces plis que se fait le contact entre les différentes aires. Mais la plupart de ces accidents secondaires ne sont pas allongés comme le pli anticlinal du Cheiron ; leuraxe transversal est assez large pour qu'on puisse leur appliquer, plutôt que le nom de pli, les termes soit de dôme soit de cuvette. A leur extrémité, le plongement est presque aussi rapide suivant leur axe longitudinal que suivant leur axe transversal : c'est un plongement périclinal; certains reproduisent même presque exactement la forme d'une portion de sphère. Souvent ils s'alignent en chapelets selon la direction générale de l'unité de premier ordre à laquelle ils appartiennent; une aire synclinale, par exemple celle où coule le Var après Entrevaux, rappelle, par les dépressions qui la creusent entre des parties moins abaissées, l'alternance des nœuds et des ventres d'une corde en vibration.

M. Bertrand a établi que les plus importants des dômes et des cuvettes synclinales ont précédé la formation des faisceaux de plis qui les bordent et ont joué un rôle directeur par rapport à eux. I] a insisté sur la terminaison brusque, le plongement périclinal de certains de ces plis à la limite des aires déprimées où l'on voit l'axe des anticlinaux s'abaisser, celui de synelinaux se relever « comme le luyautage d'un bonnet de paysanne ». Or, l'on ne comprendrait point cet arrêt dans leur propagation à la limite d'une cuvette qui n'aurait pas encore existé. Il semble donc légitime d'admettre que les plis sont postérieurs à une première ébauche de ces dépressions et des dômes qui alternent avec elles. Ces dômes avaient été surélevés par rapport aux

régions voisines à la fin du Crétacé ; après la transgression num-

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