‹ Le Var Supérieur: Étude de Géographie PhysiqueChapitre 60 sur 61 · DuRANTE, 53, p · texte numérisé non relu

DuRANTE, 53, p

3. Sur la législation sarde, voir Guior, 40, p. 202 et suiv. 4. Inem, p. 57.

Quand, en 1860, elle fut remplacée par la nôtre, celle-ci, sans doute effrayée par la profondeur du mal, crut devoir y porter immédiatement les remèdes les plus énergiques ; elle interdit le pâturage dans une immense zone qu'elle se réservait de surveiller el d'améliorer 1. Mais elle dut céder devant les protestations des habitants, devant l'intérêt politique qui ne voulait point méconenter ces populations trop récemment annexées. Aujourd'hui encore, « l'Administration forestière applique ses règlements avec le plus de mansuétude possible dans les Alpes-Maritimes ». Des décrets spéciaux permettent d'introduire les moutons presque partout dans la forêt ; « la défensabilité des cantons boisés se règle de la manière la plus large » 2: Ce n’en est pas moins de 1860 que date la première application sérieuse du régime forestier. Les troupeaux provençaux furent réduits ; le nombre des chèvres, exclues des bois communaux, tomba de 120000, en 1847,à 33000 en 1873, à 29086 en 1892 et à 19230 en 1905 : celui des moutons, de 119000 en 1873 à 107333 en 1892 et à 84664 en 1905 3.

Il ne suffisait point d'arrêter la dévastation des forêts : il fallait encore les reconstituer. Mais cette œuvre est toute récente. Même dans la partie de cette région qui avait toujours été française, elle ne commença guère qu'après la loi du 4 avril 1882, la charte fondamentale de notre Service du Reboisement. Immédiatement, dès 1883, il entreprit la « correction » de la montagne de Chamatte, avec le succès le plus encourageant. Aujourd’hui, les combes cessent de s'agrandir et leurs éboulis, dont l'avancée menaçait Vergons, sont fixés jusqu'aux escarpements turoniens par des Mélèzes, des Chènes Rouvres, surtout des Pins silvestres {. Sur l'ancien territoire sarde, nos forestiers bornèrent longtemps leurs eflorts à l'arrondissement de Nice et ce fut seulement le 26 juillet 1892 que les deux périmètres du Var supérieur et du Var moyen furent déclarés d'utilité publi-

. Rapport de CnassaiGxe-Goyon dans 62, p-. 73:

. Guior, p. 87 et 181.

; Guior, p.136; ie e agricole annuelle, 1905, p. 108, Demonrzex, 36, 1, p. 117et planche n° 85.

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