SAVANTS ET SPIRITES
rence corporelle et on les laissa faire, on les aida même très volontiers. Ce fut longtemps une récréation d'imbéciles et d'ignorants, mais peu à peu, bien timidement d'abord, des savants intervinrent. Ils voulaient voir aussi, ils voulaient se moquer. Ils virent et ne se moquèrent pas. Et ils posèrent très sérieusement cette question saugrenue : « Les matérialisations sont -elles possibles ? » Quand un homme tel que M. Richet, physiologiste et biologiste d'un rare mérite, eut répété cette question, on vit le mercure plonger vers la cuvette ; le thermomètre intellectuel tombait vers la congélation. Il n'est pas remonté. Mais j'ai peur d'une nouvelle baisse. En effet, voilà qu'un collaborateur de M. Richet se demande avec le plus grand sérieux si les photographies que l'on a prises des matérialisations sont valables. Comment donc ? Je trouve à ce doute seul une valeur certaine. Oui, il est valable, excessivement valable, comme preuve de la décadence de l'esprit humain.