XX T R É F A C E
après combien de péripéties traversées dont il s'agit pour une louable curiosité de s'instruire. A un arrêt par vos souhaits précipité, qui sera peut-être la naturalisation du livre , notoirement feraient défaut des prolégomènes propres à conférer de la pompe, si vous n'attendiez. Quelqu'un sait-il même qu'extérieur (mais de la constatation duquel il faut, maintenant, prendre date) est un mystère : celui d'Episodes nommés page i6o: trois, en n'y ajoutant pas The S tory of cAl T^aoui, a raie from the c4rabic, London, printed by TVhitnngham éM. C. Geesweild, Tall éMall, and sold by l^obinsons, I79g,(*) soixante feuillets anglais simplement dépouillés, vers 1782-83, de l'idiome oriental primitif Ce surplus, en notre langue toujours et point supérieur ni incomparable à Vathek, le connaîtra- 1- on ; un des récits, au moins, était, dès 183^, brûlé comme par trop étrange , dit Beckford à l'auditeur de deux cahiers gardés. Tâche qui me séduira que de tout conquérir 5 mais
(*) Histoire d'Aï Raoui, Conte d'après r Arabe, Londres, imprimé par Whittingham, M. C. Geesweild, Pall Mail, et 'vendu par Kobinsons, 1799.
A V A r H E K. xxj
après racceptation par mes compatriotes du spécimen qui leur a par deux fois été dédié : chez nous inconnu et illustre ailleurs ayant paru dans la langue où s'écrivent les lignes de cette revendication.
Par quel concours ignoré de faits, ce livre n'a-t-il pas chez nous été, au siècle dernier ou maintenant, vu de quelqu'un : ténèbres; que loin de chasser, j'épaissis, dénombrant les chances d'une notoriété longtemps et comme savamment éludée. Anonyme, parut, à Paris et à Lausanne, en 1 7S7, une édition simultanée du texte vrai (avant la rédaction et marié depuis, l'auteur ayant résidé aux bords du Léman): bien la même dont un ballot fut en feuilles expédié de notre rue de la Harpe. Quel œil alors surveilla toutes choses: c'était pendant cette excursion en Portugal, commencée pour distraire le mal d'un veuvage -, et Paris n'avait peut-être été en hâte traversé qu'à l'automne de 1786, peu de mois après la fin de la compagne laissée, or dans d'autres dispositions que faire imprimer
xxij T R É F A C E
un ouvrage vieux de quelques années. La remise du manuscrit s'effectua dès le tour de noces antérieur (conjecture encore risquée) ou l'envoi en a été, probablement, fait du château de la Tour près Vevay, après 1783 ; à moins que les souvenirs trouvés à Fonthill du juvénile isolement et de l'inspiration n'aient à un inconsolable rappelé tel projet de s'aboucher avec le libraire d'ici, dans la saison sise entre le retour d'auprès de chers restes et sa fuite au Portugal! Tout dénonce aux doutes l'hypothèse faite en vue d'approcher de la tardive date : et ceci qu'entre tant de notes intimes ou attentives à ne perdre un détail curieux (servant ensemble de fonds aux Lettres de Voyages), quelque allusion eût trahi l'arrivée dans les bosquets royaux et les fêtes, à Lisbonne, du volume frais d'encre; sinon déjà des épreuves. La rare pièce que voici, soustraite au bouquin demeurant ; d'oti même émane-t-elle ? Divers points s'y éclairent, un surtout, des Episodes; et l'autre utile à l'achèvement de ma notice, car il indique l'origine d'une version anglaise: mais nul qui résolve la question en débat. Lisez. V ouvrage que nous présentons au public a
A V A T H E K. xxiij
été composé en François par zM. 'Beckford. Vindis' crétion d\m homme de lettres, à qui le manuscrit avoit été confié il y a trois ans, en a fait connoitre la traduction cAngloise avant la publication de V original. Le traducteur a même pris sur lui d^ avancer dans sa préface que Vathek étoit traduit de VcArabe. V auteur s'inscrit en faux contre cette assertion et s'engage à ne point en imposer au Tublic avec d^ autres ouvrages de ce genre qu'il se propose de faire connoitre ; il les puisera dans la collection précieuse des manuscrits Orientaux laissés par feu cM. îf^ortley zMontague , et dont les originaux se trouvent à Londres cfie~ SM. Talmer, régisseur du duc de 'Bedford. Perspicacité difficile! il doit y avoir eu, au milieu du refroidissement de chacun causé par maint délai à une publication oubliée et payée même dès longtemps, oui, mise au jour subite de ce Vathek chez Poinçot, à llnsu du jeune auteur, qui repassant par Paris en 1788, ne s'ouvre à personne du Conte carabe, soit que le peu de bruit fait autour de l'apparition ne l'engageât point à se nommer ou qu'il obéît à certaine susceptibilité de sa famille. Un exemplaire a-t-il été envoyé avec dédicace à des
Xxiv T R É F A C E
sommités littéraires, doutez-en au silence unanime trouvé dans les annales du temps. L'adolescent, allant à Ferney avec son précepteur, saluait dix ans plus tôt Voltaire, mort à un moment qu'avait à peine hors des salons paternels brillé la future Madame de Staël, plus tard visitée par l'homme mûr à Coppet. Cent mémoires fouillés,(*)
(*) Le Mercure d'abord, six tomes de 1787, puis le Journal DES ScAVANTS ; enfin à la même date 1' Année Littéraire de Freron : rien. Silencieux, Métra l'est au long de ses MÉMOIRES SECRETS pour servir à l'histoire de la République des Lettres en France depuis MDCCXLII jusquà nos jours ou Journal d'un Observateur etc. : et de Bachaumont la Correspondance Secrète politique et littéraire ou MÉMOIRES pour ser<vir a r histoire des cours, des sociétés et de la littérature en France depuis la mort de Louis XV cesse avec les derniers mois de 1786 où pas d'œuvre du titre de Vathek ne se fit d'avance annoncer. Bon à consulter, quelle mention fait de l'œuvre Barbier, en son Dictionnaire des owvrages anonymes et pfeudonymes, celle-ci : Caprices (les) et malheurs du Calife Valtrek, traduits de l Arabe (par Beaufort), Londres, 1791, in-iï. Si quoi que ce soit s'y montre excepté la substitution d'un nouveau titre au premier de l'édition parisienne de 1787 (toute remportée à Londres et que précéderait alors l'Avant-propos nulle part vu par moi et transcrit page xxij) : erreur de tout point et absolue qu'un tel renseignement; mais peut-être gros de révélations! L'idée qui vient de naître ici ressort d'une confusion précieuse faite par un autre oracle de la bibliophilie S^uérard
A V A r H E K. XXV
voilà nos deux seuls littérateurs que Beckford ait abordés; et la société française qui l'accueillait au
entre ces dits Caprices etc. et un autre tirage donné comme de Poinçot, Paris, 1786: voyez la France littéraire ou Dictionnaire bibliographique des sai'ants, historiens et gens de lettres de la France, ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en Français plus particulièrement pendant les XVIIl^ et XIX^ siècles. A quelque perspicacité le Beaufort en question n'apparaîtrait qu'une adaptation par jeu du nom (à bien dire cité là) de Beckford au parler français : par qui, sinon l'auteur; et faite pour perpétuer son incognito, lequel semblait toutefois de lui n'exiger point qu'il se donnât comme traducteur de l'arabe. Assez et que cette rencontre à travers les inexactitudes et les doutes de deux titres jusqu'à présent inconnus relève du hasard, tout demeure possible, un Manuel en copiant un antérieur: mais le dernier nous garde une révélation, absurde, improbable, fausse d'abord ; non, vraie, à savoir qu'existe une Autre Edition sous ce titie Histoire du Calife Vathek, Paris, Boucher, 18x9, 2 toI. in-12, 4. francs. Le Livre avant la tentative d'à présent réimprimé: quoi! et vain tout le mystère avec soin ménagé par la Préface. Oui, à la faveur des recherches habiles qu'hier mena la Bibliothèque JJationale les deux petits tomes hideux ayant été mis sous mes yeux ; non, parce que, copie imparfaite de l'édition anglaise de Clarke, 181 5, dont il va être parlé page xxvij, cet exemplaire, débutant par un sot discours et suivi du luxe de notes aimables et érudites, ignore jusqu'à ce dont il est ici question : anonyme d'abord. Ce conte est arabe, je le déclare (c'est l'imprimeur qui a la parole) et le lecteur le croira sur ma parole, et même, je C espère, après ta^uoir lu. Si cependant quelque journaliste, car ces Messieurs sont sou-vent bien rudes pour les